Nice : des repas servis sur le trottoir faute de local
Nice : des repas servis sur le trottoir faute de local

Depuis la fermeture du local du 42, rue Dabray, fin juin, les associations niçoises chargées de distribuer des repas aux plus démunis ont été redirigées vers l'accueil de jour du XVe-Corps. Cette nouvelle affectation devait leur permettre de poursuivre leur mission dans des conditions acceptables. Mais l'installation ne se passe pas sans accroc. Samedi 25 juillet 2026, les bénévoles venus assurer la distribution du soir se sont retrouvés devant une porte close.

Fabienne Boyer, bénévole, raconte une situation pour le moins surprenante : un agent de sécurité et une employée du centre communal d'action sociale (CCAS), gestionnaire du lieu, étaient bien présents, mais aucun ne disposait de la clé permettant d'ouvrir la cour intérieure. Une seconde employée du CCAS est même venue spécialement depuis Nice-Ouest avec un trousseau de clés, sans que celui-ci ne contienne la clé attendue. « Ça fait trois soirs qu'on distribue ici et trois soirs qu'on est dehors », déplore la bénévole.

Trois soirs de distribution sur le trottoir

Les bénévoles ont alors dû organiser leur distribution directement sur le trottoir, devant l'accueil de jour. Une solution de fortune mise en place en accord avec le CCAS, qui souhaitait maintenir ce service essentiel. L'association Le Café Suspendu a exceptionnellement assuré sa distribution en extérieur, encadrée par deux agents de sécurité.

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Le CCAS confirme qu'un « incident technique » a temporairement empêché l'ouverture du bâtiment ce samedi-là. Il assure que le problème d'accès a été résolu dès le lendemain et que des mesures correctives ont été prises sans délai. L'institution précise toutefois que les deux premières défaillances sont « directement imputables au prestataire de sécurité », qui n'a pas respecté ses obligations contractuelles et n'a pas informé le CCAS de l'absence de ses agents.

Le CCAS pointe un prestataire défaillant

Pour éviter toute interruption durable du dispositif, le CCAS indique s'être « substitué à la société défaillante » afin de garantir la présence d'au moins un agent de sécurité chaque soir. L'institution ajoute pouvoir compter sur l'appui de la police municipale « en cas de besoin ». Une réponse qui intervient après plusieurs nuits compliquées pour les associations, qui poursuivent leur mission auprès des personnes précaires.

Cette situation s'ajoute à un contexte déjà tendu. Le local de la rue Dabray, qui accueillait auparavant les distributions, avait fermé ses portes fin juin. Il permettait aux bénéficiaires de manger un repas assis, au calme, et d'avoir accès à des toilettes. La mairie avait justifié cette décision par un manque de bénévoles, une explication réfutée par plusieurs associations. D'autres acteurs évoquent, eux, une pression exercée par les riverains.

Un exil contraint depuis la fermeture de la rue Dabray

Pour Fabienne Boyer, cette fermeture s'inscrit dans une longue série de déplacements. « Ce n'est pas nouveau. À la base, nous étions rue Fodéré. Mais ça gênait les riverains. Rebelote quand nous sommes partis à côté du jardin Thiole. Nous nous sommes déplacés sur le parvis de la gare du Sud, avant qu'on nous demande de partir. Ça devait faire tache. Le Café Suspendu distribuait à manger boulevard Raimbaldi, où nous avons aussi été exclus », énumère-t-elle.

Face à l'interdiction des maraudes en plein air, la municipalité, alors conduite par Christian Estrosi, avait fini par rapatrier les associations dans le local de la rue Dabray. Aujourd'hui, les associations espèrent pouvoir s'installer durablement dans la cour intérieure du XVe-Corps. « À sa fermeture, il leur a été promis de disposer de la cour intérieure du XVe-Corps », rappelle Juliette Chesnel-Le Roux.

L'opposition interpelle la présidente du CCAS

L'élue d'opposition de gauche, membre du groupe écolos-PS-PCF, a envoyé deux courriers à la présidente du CCAS pour obtenir des précisions sur les conditions d'accès et les engagements pris. Depuis ces signalements, des mesures ont été prises et aucun incident n'a été signalé de nouveau. Reste que ces trois soirées sur le trottoir ont laissé des traces parmi les bénévoles, qui réclament des garanties pour l'avenir de la distribution alimentaire à Nice.

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