Une vidéo de quatre minutes postée sur Facebook la semaine dernière a bouleversé la région Bretagne. Steven, un père de famille habitant à Pluneret, près d'Auray (Morbihan), y montre le trajet dangereux que ses enfants devront emprunter à pied pour rejoindre leur arrêt de bus. En quelques jours, la vidéo a dépassé le million de vues, forçant le conseil régional de Bretagne à réagir.
Un trajet de 28 minutes jugé « hyper dangereux »
Dans sa vidéo, Steven filme le parcours de deux kilomètres qu'il a effectué en 28 minutes à pied, le long d'une route qu'il considère comme très dangereuse. « Jamais je ne laisserais aller là-bas, c'est hyper dangereux », témoigne-t-il. Il a posté ce message pour alerter sur l'absence de solution de transport pour ses enfants, qui doivent se rendre au collège ou au lycée.
Avant de publier sa vidéo, Steven avait déjà alerté la mairie, la région et Breizhgo, l'exploitant du réseau de transport en commun, sans résultat. Pour espérer un arrêt de bus dans son hameau, il aurait dû déposer une demande avant le 31 mai, ce qu'il n'a pas fait. « L'année scolaire des enfants n'était même pas terminée. Comment pouvait-on l'anticiper ? D'autant que les enfants avaient un arrêt tout près pour aller au collège », explique-t-il.
« Nous ne sommes pas isolés »
Le hameau où vit Steven est légèrement excentré du bourg de Pluneret, situé à cinq kilomètres de là. Le père de famille estime que sa situation n'est pas unique : « Je comprends qu'on ne puisse pas passer devant chaque maison. Mais il y a des enfants qui habitent hors secteur et qui ont un arrêt à leur disposition. Et nous qui sommes à deux pas du bourg, on n'y aurait pas droit ? Nous ne sommes pas isolés. »
En attendant une solution, ses deux enfants sont « privés de leur autonomie. Ils sont dépendants de nous », déplore-t-il. Avec sa femme, ils travaillent tous les deux, mais devront se débrouiller pour emmener et chercher les enfants à l'école. « Nous n'avons pas le choix. »
La région Bretagne répond
Le conseil régional de Bretagne a réagi en expliquant que « la majorité des dessertes de lycées sont organisées de bourg à bourg en restant sur les axes principaux pour limiter le temps de transport de circuits en général assez long ». L'institution a toutefois pris contact avec la famille pour tenter d'améliorer la desserte vers le lycée Benjamin-Franklin d'Auray.
La région rappelle que ses services « traitent plus de 100 000 inscriptions au transport scolaire » en quelques semaines et doivent organiser des centaines de lignes de bus, exploitées par des dizaines d'entreprises de transport. Dans un communiqué, elle précise : « La région examinera la possibilité de modifier un itinéraire existant, sous réserve que celui-ci soit suffisamment sécurisé pour la sécurité des enfants transportés et que les temps de parcours ne soient pas anormalement allongés pour les autres élèves transportés. »
Reste à savoir si cette promesse se concrétisera. En attendant, Steven et sa famille attendent une réponse concrète, tandis que sa vidéo continue de circuler et de sensibiliser l'opinion publique à la question des trajets scolaires en zone rurale.



