Frontignan : le Refuge de la Gardiole toujours sans local pour les SDF
Frontignan : le Refuge de la Gardiole toujours sans local

Un local toujours attendu pour les sans-abri à Frontignan

Depuis sa création en 2021, l'association Refuge de la Gardiole, qui vient en aide aux personnes sans domicile fixe (SDF) à Frontignan, se heurte à un obstacle majeur : l'absence d'un local dédié pour les accueillir dignement. Malgré des discussions avec la municipalité, aucune solution concrète n'a abouti. « Les problèmes ne vont pas disparaître parce qu’on n’en parle pas », résume Isabelle Creff, présidente de l'association.

Des actions menées depuis 2020, mais des besoins criants

L'association a débuté ses actions de manière informelle en 2020, pendant le confinement lié au Covid-19, avec le soutien du Centre communal d'action sociale et de la mairie, qui fournissaient des repas. Une maraude alimentaire a rapidement vu le jour, suivie d'une « vesti boutique », d'une distribution de croquettes et d'un accès facilité aux vétérinaires pour les animaux. Aujourd'hui, l'association distribue des repas chaque vendredi sur le parking de l'espace solidaire Muhammad-Yunus, où un bureau et une salle d'activités sont mis à disposition. Cependant, les chiens y sont interdits, ce qui pose un problème majeur pour les SDF qui ne se séparent jamais de leurs animaux.

Une subvention de 2000 euros bloquée

Pour 2026, la municipalité a attribué une subvention exceptionnelle de 2 000 euros au Refuge de la Gardiole pour l'achat de repas une semaine sur deux. Cette aide devait permettre aux bénévoles de se consacrer à d'autres missions. Mais l'association ne peut pas utiliser cette subvention : l'Ehpad chargé de fournir les repas ne peut pas les livrer. « Nous avons bien eu la subvention, mais nous ne pouvons pas l’utiliser, car l’Ehpad auprès duquel nous devons acheter les repas, et qu’il doit livrer, ne peut assurer ce service », précise Isabelle Creff. La mairie indique que l'Ehpad doit fournir les repas, mais pas les livrer, laissant à l'association la charge de les récupérer.

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Une demande de local restée lettre morte

Face à ces difficultés, l'association a demandé un local dédié pour éviter de mélanger les publics. Plusieurs pistes ont été étudiées par la municipalité : un site sur le quai Caramus, un espace dédié à Muhammad-Yunus ou des bungalows à proximité. En 2025, un coup d'accélérateur avait ravivé l'espoir, mais le projet a finalement été abandonné. « La mairie nous a finalement dit que tout ce qui concernait cette population était du ressort du Département. C’est en effet le cas, mais les locaux, soit le foncier, relèvent, eux, de la municipalité », rappelle la présidente. Après les élections, l'association a relancé la mairie sans obtenir de réponse. La municipalité justifie son inaction en affirmant qu'« un centre d’accueil exige un agrément et des financements que la Ville n’a pas ».

Des besoins concrets pour une prise en charge digne

Isabelle Creff énumère les besoins : accès à une douche (une seule est disponible à Frontignan, à l'espace Muhammad-Yunus, sur rendez-vous et après domiciliation), accès à l'eau et à l'électricité, ouverture d'un espace dès les fortes chaleurs et les premiers froids, consignes pour entreposer les affaires, et un lieu de domiciliation administrative. L'association déplore également des mesures dissuasives : des arrêtés anti-mendicité dans certains secteurs, le dernier en cours de janvier au 1er septembre, et l'interdiction des chiens, même tenus en laisse, au square de la Liberté depuis octobre 2025. La municipalité justifie ces décisions par des « désordres ponctuels » et des « plaintes de riverains et commerçants », estimant nécessaire de « rendre l’espace public à tout le monde ».

La France épinglée pour ses arrêtés anti-mendicité

Le 5 mars dernier, le Comité européen des droits sociaux a épinglé la France à l'unanimité pour ces arrêtés anti-mendicité, estimant qu'ils violent le droit à la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale, ainsi que le principe de non-discrimination.

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