Sécurité routière : sensibilisation des livreurs à vélo à Bordeaux
Sécurité routière : sensibilisation des livreurs à vélo

Une opération de sensibilisation à la Sécurité routière à destination des livreurs à vélo s’est tenue ce jeudi 30 avril sur la place Gambetta à Bordeaux. Ils accélèrent et zigzaguent au milieu des véhicules pour que les repas soient livrés à temps, non sans risque.

Des ateliers pour mieux comprendre les dangers

L’association Vélo-Cité, en partenariat avec La Maison des livreurs et le groupe Transdev, a organisé plusieurs ateliers pour attirer l’attention des livreurs sur la Sécurité routière. L’un d’eux proposait une mise en situation avec des chauffeurs de car. « L’idée pour le cycliste c’est de se mettre à la place du chauffeur et d’identifier à quel moment on le voit ou on ne le voit pas », détaille Jean-Charles Lebouteiller, formateur pour le groupe Transdev. Une astuce à retenir pour les cyclistes : « Si vous voyez la tête du conducteur dans le rétroviseur, c’est qu’il vous voit. »

Les risques quotidiens des livreurs

Les risques sont nombreux pour les livreurs, qui utilisent pour la plupart des vélos électriques dépassant souvent les 30 km/h. Christophe Charlet, de l’association Vélo-Cité, leur rappelle l’importance d’être visible sur la route : « L’idéal c’est d’habiller votre sac de livraison avec des réfléchisseurs, ou de mettre un gilet de sécurité par-dessus. » Les différents acteurs espèrent multiplier ce type d’initiatives.

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Témoignages de livreurs

« Je pense que c’est essentiel de participer à ce type d’événements, ça nous donne des leçons », réagit après l’atelier Djikiné Salim, livreur à Bordeaux depuis environ trois ans. « J’essaie de prendre le moins de risques, c’est ma sécurité avant tout. Mais je sais que beaucoup de mes collègues ont des accidents. On a peur tout le temps », détaille le Guinéen de 21 ans.

Farman, lui, a déjà connu un accident. « Je me suis fait percuter et j’ai eu une grosse entorse à la cheville. La voiture ne s’est même pas arrêtée », témoigne le jeune livreur, âgé lui aussi de 21 ans, arrivé en France en 2017 d’Afghanistan. Il lui semblait indispensable de venir participer à ces ateliers. « Ces actions sont très importantes, c’est notre sécurité qui se joue mais aussi la vôtre. »

La pression des plateformes en question

Sous l’impulsion d’associations et de collectifs, ces événements permettent de sensibiliser les livreurs face aux risques sur la route. Jonathan L’Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs, regrette néanmoins que les plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo ne soient pas à l’origine de ces initiatives. « Elles auraient pourtant intérêt à ce que ces personnes soient formées au code de la route », précise-t-il.

Car si les livreurs prennent autant de risques, c’est surtout face à la pression mise par les services de livraison. « Notre temps de travail est limité. Aux heures les plus actives, nous n’avons pas le choix d’aller vite », alarme Aboubakar Deyoko, livreur et membre de l’Amal, l’association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs. « Ils travaillent de plus en plus, parce qu’ils ont besoin de gagner leur vie. Les plateformes ont compris cela et donc elles les poussent. Il y a une forme de mépris pour ce genre de travailleurs », conclut Jonathan L’Utile Chevallier.

Le 22 avril dernier, un collectif d’associations (dont l’Amal et la Maison des livreurs) a déposé une plainte visant Uber Eats et Deliveroo pour « traite d’êtres humains ».

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