Au Mali, le groupe jihadiste JNIM, affilié à Al-Qaïda, a imposé ce jeudi 30 avril un blocus routier sur les accès à Bamako. Des centaines de camions sont immobilisés aux entrées de la capitale malienne, notamment sur les axes vitaux vers Conakry, Abidjan et Dakar. Cette mesure d'asphyxie économique fait suite aux attaques du 25 avril contre la junte.
Un blocus qui paralyse les entrées de la capitale
Les jihadistes du JNIM ont commencé ce jeudi à imposer un blocus routier sur la capitale malienne Bamako. Cette décision intervient après les attaques qu'ils ont menées ce week-end avec une rébellion indépendantiste à dominante touareg contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir, a appris l'AFP auprès des transporteurs maliens et d'une source sécuritaire. Mardi, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) avait annoncé son intention de mener un blocus sur les accès à Bamako et menacé de lourdes représailles, pouvant aller jusqu'à la mort, toute personne qui persisterait à emprunter les axes routiers menant à la capitale et la ville voisine de Kati, fief de la junte.
« La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir », avait déclaré un porte-parole du JNIM. Ces dernières 48 heures, le trafic vers Bamako s'est ralenti progressivement, selon des usagers. Le trafic aérien vers les pays voisins reste, lui, maintenu.
Des conducteurs tués pour avoir forcé le passage
Jeudi, des centaines de véhicules de transport et de marchandises se trouvaient immobilisés à différents points d'entrée de la ville, selon des transporteurs, notamment sur les axes menant vers Conakry, Abidjan et Dakar, des villes portuaires vitales à l'économie du Mali, pays sahélien enclavé. « Nous sommes bloqués depuis hier (mercredi). Il y a au moins une centaine de véhicules ici qui sont garés à perte de vue », témoigne un conducteur de camion, joint au téléphone à Kourémalé, ville frontalière sur l'axe Bamako-Conakry. « Nous voyons des flux sortir de Bamako, mais rien ne rentre. On attend que ça se décante mais l'inquiétude grimpe », a-t-il confié à l'AFP.
L'axe menant vers Dakar, source d'approvisionnement pour le Mali, est également concerné par le blocus routier, ont déclaré à l'AFP des usagers. Sur la route de Sikasso, autre axe vital reliant le Mali aux ports maritimes ivoiriens dont Abidjan, plusieurs sources font état d'incidents violents. « Plusieurs conducteurs ayant tenté de forcer le passage avant-hier (mardi) ont été tués », a affirmé à l'AFP une source sécuritaire. Il n'était pas possible dans l'immédiat de confirmer ces décès de source indépendante. Selon Studio Tamani, une radio basée à Bamako, « aucun bus de transport n'a quitté » mercredi matin le cercle de Yorosso (sud), pour aller en direction de la capitale malienne.
Ce jeudi, le JNIM a revendiqué une attaque contre des postes de sécurité à Kasséla et Fana, respectivement à près de 60 km et 127 km de Bamako. Fin 2025, le JNIM avait tenté d'asphyxier l'économie malienne, à coups de blocus sur l'approvisionnement des stations en essence et diesel acheminés par camions de la Côte d'Ivoire et du Sénégal notamment.
La France recommande à ses ressortissants de quitter le Mali
Mercredi, la France a recommandé aux ressortissants français présents au Mali « de prévoir un départ temporaire dès que possible par les vols commerciaux encore disponibles », selon des consignes du ministère des Affaires étrangères. Au total, 4 200 Français sont inscrits au registre consulaire, auxquels il faut ajouter les non inscrits, estimés à quelque 3 000. Aux deux tiers, il s'agit de binationaux installés à Bamako.
Cette requête fait suite aux attaques du 25 avril, revendiquées par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) affilié à Al-Qaïda, attaques coordonnées avec la rébellion touareg contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir au Mali, en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes importantes du pays sahélien. Les combats, entamés à l'aube, se sont poursuivis dans l'après-midi. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et sa seconde femme ont péri.



