À Saint-Ferme, petit village d'un peu plus de 300 habitants situé aux confins de la Gironde et du Lot-et-Garonne, dans l'Entre-deux-Mers, le calvaire des poids lourds semble enfin toucher à sa fin. Depuis des années, le passage des camions au cœur du bourg empoisonnait la vie des habitants. La D16, qui traverse le village, forme un angle droit particulièrement serré, rendant le passage quasi impossible pour les poids lourds. Pourtant, nombreux étaient ceux qui tentaient leur chance avant qu'une déviation pour les véhicules de plus de 12 tonnes ne soit mise en place fin mars.
Des années de nuisances et de dangers
Marie-France Dalla-Longa, maire de Saint-Ferme, témoigne des difficultés rencontrées : « Si ce ne sont pas des chauffeurs hors pair, ils restent coincés, ils touchent la maison ». Les conséquences sont nombreuses : crépi abîmé, fils électriques ou téléphoniques coupés, volets arrachés… Une litanie d'ennuis pour les riverains du carrefour. « Une fois, j'étais dans une des maisons quand c'est arrivé, on aurait dit un tremblement de terre, le plâtre tombait », raconte l'élue. Une habitation a particulièrement subi des dommages.
À chaque incident, c'est la circulation dans le bourg qui est perturbée le temps que le camionneur parvienne à se sortir de cette situation délicate. « D'autant qu'ils sont de plus en plus gros, quand ils faisaient moins de 38 tonnes ça allait. » Avec des engins de ce calibre, « ça peut aller jusqu'à vingt minutes de manœuvre pour pouvoir reculer, et pendant ce temps, tout est bloqué. Heureusement que l'on a un chemin de ronde que les gens peuvent emprunter. »
Un combat de longue haleine
La mise en place de cette déviation est l'aboutissement d'un combat de longue haleine. « Au milieu des années 2010, mon prédécesseur a alerté le centre routier pour trouver une solution. La municipalité de l'époque avait proposé de mettre en place une déviation pour les camions. Pendant des années, nous avions des photos et des films montrant la situation. Les réunions se sont enchaînées », retrace Marie-France Dalla-Longa.
Arrivés depuis la sortie de La Réole de l'autoroute, les poids lourds remontaient tout droit jusqu'à Saint-Ferme, en passant par Monségur, en grande partie pour desservir l'usine Vitagermine, qui confectionne les produits Vitabio, installée à la sortie du bourg en direction de Sauveterre-de-Guyenne. « Mais il faut être heureux d'avoir une usine comme ça ici, une entreprise florissante », précise la maire.
Une déviation qui rallonge le trajet
Les camions doivent désormais suivre une déviation par Rimons. « On a posé les poteaux de la déviation, ça y est », se réjouit l'élue. Les 3 500 euros de panneaux ont été payés par la commune tandis que le centre routier s'est chargé de leur pose. Cette déviation rallonge le trajet de près de 10 kilomètres et a nécessité quelques aménagements : « Les camions sont longs et pas très adaptés à nos petites routes. »
Des mesures supplémentaires pour la sécurité
Le carrefour n'a cependant pas fini d'occuper l'élue : « Cet angle droit est quand même dangereux, les voitures coupent le virage, je ne sais pas pourquoi. » Pour enrayer ce phénomène et freiner les chauffeurs pressés, notamment ceux déboulant de la route de Pellegrue, la municipalité a installé un stop à l'intersection et prévoit d'y ajouter un radar pédagogique.
Mercredi 6 mai, Marie-France Dalla-Longa racontait encore : « Je lisais ce matin l'édito de l'ancien maire en 2000, il parlait déjà du problème des poids lourds ! » Un problème qui, espérons-le, appartient désormais au passé pour les habitants de Saint-Ferme.



