Violences gynécologiques : 45% des femmes victimes selon un rapport choc
Violences gynécologiques : 45% des femmes victimes

En France, 45,1 % des femmes déclarent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales, dénonce l’association StopVOG dans une enquête publiée jeudi 18 juin. Ce rapport, basé sur 10 152 témoignages, révèle que plus d’une sondée sur deux rapporte des atteintes graves au consentement.

Des chiffres édifiants

Environ 45,1 % des répondantes ont déclaré avoir subi ce type de violences : 28,7 % des violences gynécologiques, et 24,5 % des violences obstétricales (dans un contexte de grossesse, d’accouchement, ou d’avortement), certaines des répondantes pouvant être victimes des deux. Plus d’une personne interrogée sur deux témoigne « d’atteintes graves au consentement » pouvant s’apparenter selon StopVOG à des violences sexuelles : examens réalisés par surprise, par sentiment d’obligation, ou malgré un refus exprimé, par exemple.

Environ 80,1 % des interrogées rapportent « au moins une atteinte à leur consentement lors d’un examen », et 84,6 % « estiment difficile de refuser un examen proposé par un soignant », notamment « à cause de l’asymétrie inhérente à la relation de soin » ou d’un défaut d’information. En outre, 10 % ont déclaré des gestes « déplacés sur les parties intimes » et 4,5 % des « va-et-vient dans le vagin ».

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Pose de spéculum, toucher vaginal, frottis, pose de stérilet… Une sur deux assure avoir subi au moins un examen douloureux, mais qui a été poursuivi malgré sa volonté de l’arrêter. La majorité indique aussi que les douleurs ou les effets secondaires ont été niés concernant ses règles (39,1 %) ou sa contraception (43,4 %).

Les gynécologues, premiers pointés du doigt

Des mineures déplorent, elles, « des examens imposés, sans information adaptée à leur âge ou sans leur consentement effectif », souligne l’étude, faisant état de frottis réalisés sur des adolescentes vierges, donc contraires aux recommandations. Concernant les auteurs de violences, les répondants citent essentiellement les gynécologues (39,7 %), ou d’autres médecins (14,8 %) mais aussi les sages-femmes (12,7 %), plus rarement des internes ou soignants paramédicaux.

StopVOG alerte sur les conséquences : « impact délétère sur le suivi médical », mais aussi troubles psychiques (souvenirs pénibles et involontaires, perte de confiance, anxiété, troubles du sommeil, sexualité dégradée…).

L’analyse, menée par StopVOG, s’appuie sur les réponses de 10 152 personnes, « réparties sur tout le territoire », recueillies du 30 juillet au 31 décembre 2025. Elle ne « prétend pas être représentative de l’ensemble des consultations gynécologiques réalisées en France », mais a été menée avec l’appui de chercheuses, issues notamment de l’INED et du CNRS.

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