Violences conjugales : seulement 5% des femmes interrogées par leur médecin généraliste
Violences conjugales : 5% des femmes interrogées par leur médecin

Violences conjugales : un repérage encore trop rare en médecine générale

Une étude publiée jeudi 5 mars par la Haute Autorité de santé (HAS) révèle des chiffres alarmants concernant le repérage des violences conjugales par les médecins généralistes. En 2025, seulement 5% des femmes déclarent avoir été interrogées sur d'éventuelles violences de la part de leur partenaire lors d'une consultation récente avec leur généraliste.

Des progrès lents malgré les recommandations

Cette enquête, réalisée en ligne par l'institut Verian auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 femmes fin 2025, montre que le repérage des violences faites aux femmes « progresse, mais de manière encore lente » selon la HAS. Parmi les 876 femmes ayant consulté un généraliste dans les 18 derniers mois, une sur vingt seulement (5%) a été questionnée sur ce sujet sensible, contre une sur trente-trois (3%) en 2022.

Environ 17% des femmes se souviennent avoir été interrogées sur la relation avec leur partenaire, contre 14% trois ans auparavant. Ces chiffres contrastent fortement avec d'autres sujets de santé abordés en consultation : 26% des femmes ont été questionnées sur leur consommation d'alcool, 37% sur leur consommation de tabac et 61% sur leur activité physique.

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Un silence qui persiste malgré la confiance

Parmi les 876 femmes ayant consulté, une sur cinq déclare subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire. Seulement 21% de ces victimes assurent en avoir parlé spontanément au médecin, sans qu'il ne les interroge. Plus préoccupant encore, 39% des victimes déclarent n'avoir rien dit, alors qu'elles l'auraient fait si le médecin les avait questionnées, et 35% pensent « ne jamais lui en parler ».

Pourtant, la HAS estime que le médecin est « un interlocuteur de confiance » : « l'écrasante majorité des femmes se sentent à l'aise » avec leur généraliste (93%, dont 54% disent être « tout à fait à l'aise » et 39% « plutôt à l'aise »).

Une systématisation largement plébiscitée

Depuis 2019, la HAS recommande aux professionnels de santé de premier recours (généralistes, gynécologues, pédiatres, urgentistes, sages-femmes…) de demander à toutes leurs patientes « si elles subissent ou ont subi des violences », même en l'absence de signes d'alerte, afin de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet.

Cette démarche de questionnement systématique est « largement plébiscitée » par les femmes interrogées : 97% y voient une « bonne chose » et l'adhésion est « quasi unanime, quels que soient l'âge, la situation ou le profil des répondantes ». La HAS souligne qu'« améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus » de victimes.

Par ailleurs, 28% des femmes se souviennent avoir vu de la documentation sur ce sujet dans le cabinet médical, une proportion stable par rapport aux années précédentes. Ces résultats incitent la Haute Autorité de santé à renforcer ses recommandations pour une systématisation du questionnement par tous les professionnels de santé de premier recours.

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