Thérapies cellulaires : des publicités illégales vendent du rêve
Thérapies cellulaires : publicités illégales

Des publicités illégales vantant des thérapies cellulaires aux effets miraculeux se multiplient en France, trompant des patients souvent en situation de détresse. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé une alerte, dénonçant des pratiques commerciales qui jouent sur la méconnaissance du public pour vendre du rêve, sans preuve scientifique. Selon l'ANSM, ces thérapies, qui consistent à injecter des cellules issues du patient lui-même (comme les cellules souches ou les cellules de la moelle osseuse), sont présentées comme des remèdes à des maladies graves telles que l'autisme, la sclérose en plaques, ou encore l'arthrose, alors qu'aucune étude clinique n'a démontré leur efficacité.

Des promesses non fondées et des risques réels

Les promoteurs de ces thérapies, souvent des cliniques privées ou des centres de bien-être, utilisent des arguments séduisants : « régénération naturelle », « médecine personnalisée », ou encore « traitement sans médicament ». Ils s'appuient sur des témoignages de patients, parfois non vérifiables, et sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. L'ANSM précise que ces publicités sont illégales car elles ne respectent pas la réglementation sur les médicaments et les dispositifs médicaux. En effet, ces thérapies sont considérées comme des médicaments de thérapie innovante (MTI) et doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) avant toute commercialisation.

Le Dr Christophe Ratignier, directeur de la surveillance du marché à l'ANSM, explique : « Ces pratiques sont dangereuses car elles exposent les patients à des risques infectieux, immunologiques ou tumoraux, sans aucun bénéfice démontré. Les patients sont souvent prêts à tout pour guérir, et ces charlatans en profitent. » Il ajoute que certaines cliniques proposent ces traitements à des prix exorbitants, pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros, sans aucune garantie.

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Une alerte nécessaire face à un phénomène croissant

L'ANSM a recensé plus de 200 signalements de publicités illégales sur les deux dernières années, un nombre en constante augmentation. L'agence a déjà engagé des actions en justice contre plusieurs de ces établissements, mais le phénomène s'étend, notamment via internet et les réseaux sociaux. L'agence appelle les patients à la plus grande prudence et rappelle que seuls les traitements validés par les autorités sanitaires sont sûrs et efficaces.

Les autorités sanitaires rappellent que les thérapies cellulaires sont encore au stade expérimental pour la plupart des indications. Des essais cliniques sont en cours, mais ils sont strictement encadrés. Les patients qui souhaitent participer à ces essais doivent se renseigner auprès des centres hospitaliers agréés. En attendant, l'ANSM conseille de ne pas se fier aux promesses des publicités et de consulter son médecin traitant avant toute démarche.

Vers un renforcement des contrôles

Face à l'ampleur du phénomène, l'ANSM envisage de renforcer ses contrôles et de travailler avec les plateformes en ligne pour retirer plus rapidement les contenus illicites. L'agence prévoit également de lancer une campagne d'information à destination du grand public pour sensibiliser aux risques de ces pratiques. En attendant, les patients sont invités à signaler toute publicité suspecte via le site signalement-sante.gouv.fr. Cette alerte de l'ANSM vise à protéger les patients et à rappeler que la santé ne doit pas être un marché comme un autre.

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