Un petit cœur, une étoile ou des lignes géométriques : des milliers de jeunes n'hésitent pas à se brûler la peau volontairement pour obtenir un « sun-tattoo ». Cette mode dangereuse, devenue virale sur TikTok et Instagram, inquiète fortement les professionnels de santé. Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a lui-même tiré la sonnette d'alarme ce lundi 28 juillet sur le plateau de BFM. « Pour quelques secondes de buzz, ces jeunes détruisent leurs cellules à vie », a-t-il martelé, dénonçant une pratique « criminelle ». Il a annoncé vouloir saisir les plateformes, avec Clara Chappaz, ministre déléguée du numérique, pour faire interdire ces contenus nocifs.
Une tendance venue d'Australie
Selon TF1, ce phénomène a pris de l'ampleur en janvier 2025 en Australie, sous l'impulsion d'influenceurs vantant leurs lignes de bronzage. Les hashtags comme #sunburnttanlines, #tanlines ou #suntattoo cumulent des millions de vues. Les vidéos montrent des jeunes, souvent des filles, exposant leur peau marquée par des coups de soleil volontaires, parfois en utilisant des pochoirs pour créer des motifs précis.
Les risques selon les dermatologues
Isabelle Rousseau, vice-présidente du syndicat des dermatologues, qualifie les sun-tattoos de « dernière stupidité à la mode ». Elle énumère les dangers : brûlures, cicatrices, vieillissement prématuré de la peau, taches pigmentaires et surtout cancer de la peau. « Le cancer de la peau ne va pas arriver à 90 ans en cas de bronzage intempestif. Si vous faites ça tout l'été, ça va arriver à 30 ans », prévient-elle. Elle recommande de consulter un médecin dès l'apparition de rougeurs, cloques ou douleurs. Pour ceux qui veulent « se faire remarquer », elle suggère d'utiliser de l'autobronzant ou du henné naturel plutôt que de se brûler.
Le bronzage, une protection naturelle
La dermatologue rappelle que le bronzage est un mécanisme de défense de la peau : « La peau fabrique du pigment pour protéger son capital génétique et éviter les cancers. » Mais une exposition excessive et répétée finit par épuiser cette capacité de protection, ouvrant la voie aux cancers cutanés. Selon Santé publique France, plus de 85 % des cancers de la peau sont attribuables à une exposition excessive aux ultraviolets naturels ou artificiels. Entre 141 200 et 243 500 cas sont diagnostiqués chaque année en France.
Un appel à la responsabilité
Le ministre Yannick Neuder a insisté sur la nécessité de supprimer ces contenus des réseaux sociaux. « Ces messages dangereux doivent disparaître », a-t-il tweeté, en partageant une publication de sensibilisation. Les autorités sanitaires appellent les jeunes à ne pas céder à cette mode et à protéger leur peau, surtout pendant l'enfance et l'adolescence, périodes où les expositions excessives augmentent considérablement le risque de cancer à l'âge adulte.



