Les sciences ne peuvent être invoquées que quand elles arrangent
Sciences : pas de double discours

Dans une tribune publiée ce mardi 12 mai 2026, un collectif de chercheurs et de scientifiques de renom dénonce une pratique qu'ils jugent de plus en plus courante chez les décideurs politiques et économiques : invoquer les sciences lorsqu'elles confortent leurs positions, mais les ignorer lorsqu'elles les contredisent. Intitulée « Les sciences ne peuvent pas être invoquées lorsqu'elles arrangent, puis être ignorées lorsqu'elles dérangent », cette tribune appelle à une utilisation cohérente et respectueuse des données scientifiques dans les prises de décision.

Un constat alarmant

Les signataires, issus de disciplines variées comme la climatologie, l'épidémiologie, l'économie ou encore la sociologie, pointent du doigt plusieurs exemples récents. En matière de changement climatique, certains gouvernements mettent en avant les rapports du Giec pour justifier des politiques environnementales, mais rejettent les mêmes travaux lorsqu'ils préconisent des mesures contraignantes pour l'industrie. De même, dans le domaine de la santé publique, des études sur les effets nocifs de certains pesticides sont utilisées pour promouvoir l'agriculture biologique, mais sont minimisées quand il s'agit de réguler les produits phytosanitaires.

Une instrumentalisation dangereuse

Pour les auteurs de la tribune, cette instrumentalisation sélective des sciences est « une menace pour la démocratie et pour la confiance du public dans la recherche ». Ils rappellent que la science n'est pas une boîte à outils que l'on peut ouvrir à sa guise : elle repose sur des méthodes rigoureuses, des consensus et des incertitudes qu'il faut accepter dans leur globalité. Ignorer les résultats qui dérangent revient à nier la réalité et à prendre des décisions basées sur des intérêts à court terme plutôt que sur le bien commun.

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Un appel à l'intégrité

Le collectif appelle donc les décideurs à faire preuve d'intégrité intellectuelle et à ne pas sélectionner les données scientifiques en fonction de leur convenance politique ou économique. Il demande également aux médias et aux citoyens de rester vigilants face à ces pratiques, et de ne pas hésiter à dénoncer les incohérences. « La science doit être écoutée, qu'elle plaise ou non, car elle est notre meilleur outil pour comprendre le monde et agir en conséquence », conclut la tribune.

Cette prise de position intervient dans un contexte où la défiance envers les institutions scientifiques est croissante, alimentée par la désinformation et les fake news. Les scientifiques espèrent ainsi rappeler l'importance de la rigueur et de l'honnêteté dans le débat public.

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