Pénurie de Repatha : un patient dénonce une situation critique
Pénurie de Repatha : un patient dénonce

« Reprenez les négociations, nous on est en train de mourir » : c'est le cri d'alarme lancé par Ludovic Modenato, un artisan-peintre de Lignan-sur-Orb, confronté à la pénurie de Repatha, un traitement vital pour les maladies cardiovasculaires. Âgé de 53 ans, il a subi un infarctus du myocarde en novembre 2022 et doit désormais se battre pour obtenir ce médicament qui lui permet de maintenir un taux de cholestérol bas et d'éviter les récidives.

Une pénurie qui met en danger des milliers de patients

Depuis l'été dernier, le Repatha, produit par le laboratoire américain Amgen, et le Praluent, de Sanofi, sont devenus extrêmement difficiles à trouver en pharmacie. Ces traitements, qui utilisent la même molécule, sont essentiels pour les patients ayant subi un infarctus ou un AVC. Ludovic Modenato raconte son quotidien : « Ici à Lignan, on me donne une boîte toutes les cinq semaines. Pour la seconde, je cours les pharmacies de Béziers, je pratique le nomadisme pharmaceutique, je suis même allé jusqu'à Nice. »

Cette pénurie résulte de l'échec des négociations entre les laboratoires et le Comité économique des produits de santé (CEPS), dépendant du ministère de la Santé. Les discussions portent sur les prix et les taux de remboursement. Faute d'accord, les livraisons vers la France ont été réduites. Si les laboratoires demandent le déremboursement, les patients ne pourront plus payer leur traitement, ce qui entraînerait la disparition du marché.

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Un combat pour la survie

Ludovic Modenato fait partie du Collectif national des patients cardiovasculaires compliqués, qui lutte pour faire entendre la voix des malades. Il témoigne de son parcours : après son infarctus, il a été traité avec des statines, mais il y était intolérant. « Pendant 3 ans, j'ai vécu l'enfer. Mes muscles se tétanisaient, j'avais des spasmes, des insuffisances rénales, des crises d'arthrose. » C'est son kinésithérapeute qui l'a aidé à comprendre que les statines étaient la cause de ses souffrances. Un changement de médecin et de cardiologue lui a enfin permis d'obtenir du Repatha, qui a transformé sa vie : « C'est le jour et la nuit. »

Le traitement coûte 220 € l'injection, à raison de deux par mois, entièrement pris en charge par l'Assurance maladie. Mais les négociations bloquées menacent cet accès. « On ne veut pas être sacrifié, lance Ludovic. Ils n'ont qu'à faire des économies ailleurs, pas sur la santé des gens. La situation est anxiogène, le stress intense peut provoquer une mortalité. »

Un appel à la mobilisation

Malgré le contexte politique national difficile, Ludovic Modenato interpelle directement le ministère de la Santé : « Reprenez les négociations, nous on est en train de mourir. » Il appelle à signer la pétition en ligne du collectif, qui a déjà recueilli près de 36 000 signatures. « Je vais me battre, c'est salvateur, je me sortirai de cette situation, pour moi et ma famille. »

Cette pénurie met en lumière les conséquences dramatiques des désaccords économiques sur la santé des patients. Pour Ludovic et des dizaines de milliers de Français, l'accès à ce médicament est une question de vie ou de mort.

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