Plus de 210 cas importés de dengue, chikungunya et Zika ont été recensés en France hexagonale entre le 1er mai et le 14 juin, selon un bilan de Santé publique France. Cette prolifération, liée au moustique tigre désormais implanté dans 83 départements, suscite l'inquiétude des experts qui anticipent l'apparition imminente de cas autochtones cet été.
Un bilan préoccupant
Du 1er mai au 14 juin 2026, la surveillance renforcée a permis d'identifier 164 cas importés de dengue, 43 de chikungunya et 4 cas de Zika. Ces cas concernent des personnes ayant voyagé dans des régions où ces virus circulent de manière endémique. Aucun cas autochtone n'a encore été détecté, mais les spécialistes estiment qu'il y en aura inévitablement cet été en raison des conditions climatiques favorables.
Le moustique tigre, un vecteur bien implanté
Le réchauffement climatique, combiné à la mondialisation et à l'urbanisation, a permis l'implantation du moustique tigre dans des régions où il était absent il y a quelques décennies. Aujourd'hui, il est présent dans 83 départements de France métropolitaine, et sa période d'activité s'étend de mai à novembre. Les fortes chaleurs, plus précoces et plus intenses, favorisent sa prolifération.
Une vigilance accrue des autorités
Fin mai, le ministère de la Santé a lancé un appel à une vigilance renforcée auprès des professionnels de santé. Après une année 2025 record avec plus de 800 cas autochtones de chikungunya, les autorités exhortent la population à rester vigilante pour limiter les risques d'importation et de propagation. Une étude publiée dans The Lancet Planetary Health alerte sur le risque que la dengue et le chikungunya deviennent endémiques en Europe.
Des facteurs multiples
L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, en raison de sa proximité avec l'Arctique, des changements de circulation atmosphérique et de la baisse de la pollution de l'air. Ces conditions climatiques, associées à la fréquence des déplacements humains, augmentent le risque de flambées épidémiques.
Les autorités sanitaires appellent donc à une mobilisation générale pour prévenir une épidémie estivale. La surveillance renforcée se poursuit, et des mesures de lutte antivectorielle sont mises en œuvre dans les zones concernées.



