L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis ce jeudi une alerte concernant les risques avérés de comportements compulsifs associés aux traitements prescrits pour la maladie de Parkinson. Dans une brochure d'information, l'autorité sanitaire appelle à « une vigilance particulière » face à ces effets indésirables, qui peuvent inclure une addiction aux jeux d'argent, des achats compulsifs, une hypersexualité, des comportements agressifs ou violents, ainsi qu'une consommation excessive de nourriture.
Les traitements dopaminergiques en cause
La maladie de Parkinson est l'une des principales maladies neurodégénératives, caractérisée par des tremblements, une raideur musculaire et des difficultés à initier des mouvements. Pour atténuer ces symptômes, des médicaments dopaminergiques sont prescrits afin de compenser un déficit en dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements, de l'humeur et des émotions. Cependant, certains patients sous traitement développent des comportements compulsifs difficiles à contrôler, avec des répercussions parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle.
Fréquence et conscience des troubles
Ces effets indésirables peuvent survenir progressivement, sans que le patient en ait toujours conscience, et même à faible dose ou après plusieurs années de traitement. Dans la plupart des notices, leur fréquence est qualifiée d'indéterminée, car il n'a pas été possible de la calculer précisément avant la commercialisation. Par exemple, pour le pramipexole (Sifrol en Europe, Mirapex ou Mirapexin aux États-Unis), un agoniste dopaminergique, les troubles du contrôle des impulsions sont fréquents, pouvant toucher jusqu'à une personne sur dix.
Manque d'information et nécessité de vigilance
La principale association de lutte contre la maladie, France Parkinson, estimait encore récemment que les patients n'étaient pas suffisamment informés lors de la prescription. L'ANSM souligne la nécessité pour les professionnels de santé d'informer systématiquement les patients et d'impliquer leurs proches pour qu'ils puissent repérer les signes d'alerte. Il est également crucial de signaler rapidement et sans honte tout comportement inhabituel au médecin.
Les effets indésirables des agonistes de la dopamine sont bien documentés. Une étude publiée en 2018 dans la revue Neurology par des chercheurs français montrait qu'après plus de cinq ans sous ces traitements, la moitié des patients présentent un trouble impulsif. Outre la maladie de Parkinson, les médicaments dopaminergiques sont également utilisés pour traiter le syndrome des jambes sans repos et l'hyperprolactinémie, qui entraîne des désordres menstruels et peut perturber la fertilité.



