Les Amap bordelaises : un modèle solidaire qui s'ancre dans le quotidien
Amap à Bordeaux : solidarité et agriculture paysanne

Entre lien social et soutien direct aux producteurs, le modèle des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) confirme son ancrage dans le quotidien des habitants de la région bordelaise. Créé au début des années 2000 dans la Drôme par le couple Villon, le concept des Amap a atteint l’âge de la maturité. Dans la métropole bordelaise, il vit à son rythme de croisière. Elles sont aujourd’hui entre 35 et 40 autour de la ville centre, témoins d’un maillage dense et d’une philosophie toujours aussi attractive.

Un principe basé sur le contrat annuel

Le principe repose sur un contrat annuel, où l’adhérent s’engage à payer sa part d’avance. « Le producteur sait ce qu’il va vendre, mais aussi ce qu’il doit planter. Cela lui permet de projeter ses investissements », explique Hans Kremers, bénévole à Bio’Gustin à Bordeaux. « On apprend à manger des produits de saison. Au début, on découvre des légumes dont on ignorait tout », sourit Françoise Gross, de Bègles 1.

Solidarité avec les producteurs

Une Amap « crée un lien social » dans le quartier où elle est implantée, rappelle Aurélie Doulut, de l’Amap de Mérignac-Arlac. C’est aussi un partage des risques et une participation à la vie du producteur. Cela peut passer par des chantiers de désherbage, l’aide à la récolte, des cagnottes solidaires ou un soutien financier direct. Récemment, la tempête Nils et les inondations ont montré que cette solidarité reste forte. « On n’est pas juste des clients, on accompagne le producteur dans ses complications », souligne Aurélie.

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Ce lien direct change aussi le regard sur la nourriture : « Quand on a vu le travail à la ferme, on tourne deux fois sa feuille de salade avant de la jeter. » « L’idée de départ est de manger plus sainement, puis en discutant, on connaît les enjeux pour les producteurs, on se sent utile pour eux, cela donne un effet boule de neige », confirme Catherine Joanlanne, de l’Amap PETAL à Talence.

Maintenir le cercle vertueux

Reste qu’il faut entretenir ce cercle vertueux. Les Amap n’oublient pas que des producteurs doivent régulièrement jeter l’éponge. Qu’il faut continuer d’entretenir le renouvellement des adhérents et combattre l’idée reçue que manger local est forcément plus cher. Malgré ces défis, le modèle des Amap continue de séduire et de renforcer les liens entre citadins et agriculteurs dans la région bordelaise.

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