Paris sportifs : l'Autorité des jeux veut encadrer les publicités
Paris sportifs : l'Autorité des jeux veut encadrer les pubs

Le régulateur des jeux d'argent, l'Autorité nationale des jeux (ANJ), a annoncé ce jeudi 18 juin 2026 son intention de mieux encadrer la publicité pour les paris sportifs. Cette décision fait suite à une augmentation significative du nombre de spots publicitaires diffusés par les opérateurs, notamment lors des grands événements sportifs.

Une hausse des publicités inquiétante

Selon l'ANJ, le volume de publicités pour les paris sportifs a augmenté de 30% en un an, avec une concentration particulièrement forte pendant les compétitions majeures comme la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques. Cette multiplication des messages publicitaires suscite des inquiétudes quant à l'exposition des mineurs et des personnes vulnérables.

Le régulateur souligne que les opérateurs dépensent des sommes considérables pour promouvoir leurs offres, avec des budgets publicitaires cumulés dépassant les 200 millions d'euros par an. Cette course à la visibilité pourrait encourager des comportements de jeu excessifs.

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Des mesures concrètes envisagées

Pour répondre à cette situation, l'ANJ propose plusieurs mesures :

  • Limitation des horaires : interdiction des publicités pour les paris sportifs aux heures de grande écoute, notamment avant 22 heures, afin de réduire l'exposition des jeunes.
  • Encadrement des contenus : obligation d'inclure des messages de prévention clairs et visibles, avec des avertissements sur les risques d'addiction.
  • Renforcement des sanctions : possibilité d'infliger des amendes plus lourdes aux opérateurs qui ne respectent pas les règles.

Ces propositions seront soumises à une consultation publique avant d'être éventuellement intégrées dans un projet de loi.

Réactions des opérateurs et des associations

Les opérateurs de paris sportifs, par l'intermédiaire de leur syndicat professionnel, se disent prêts à dialoguer avec le régulateur mais rappellent que la publicité est essentielle pour attirer de nouveaux clients et rester compétitifs face aux sites illégaux. Ils soulignent également que la majorité des joueurs ne développent pas de comportements problématiques.

De leur côté, les associations de lutte contre l'addiction aux jeux saluent cette initiative. « Il est urgent d'agir face à la banalisation des paris sportifs, surtout auprès des jeunes », déclare un porte-parole de l'association SOS Joueurs. Elles réclament également un meilleur suivi des personnes vulnérables.

Un enjeu de santé publique

L'ANJ rappelle que le jeu excessif peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale et financière des individus. En France, on estime qu'environ 1% des joueurs présentent un trouble du jeu pathologique, un chiffre qui pourrait augmenter avec la multiplication des publicités.

Le régulateur entend ainsi trouver un équilibre entre la liberté commerciale des opérateurs et la protection des consommateurs. Une décision finale est attendue d'ici la fin de l'année, après les consultations et les échanges avec les parties prenantes.

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