Le pape Léon XIV doit être admis ce mardi en fin de matinée à l'hôpital Gemelli de Rome pour y subir une intervention chirurgicale visant à retirer un nodule pulmonaire, a annoncé le Vatican. La décision du souverain pontife de recourir directement à la chirurgie suggère que ce nodule était suspect, explique la professeure Marie-Pierre Revel, cheffe de service à l'hôpital Cochin (AP-HP) et co-investigatrice du programme national « impulsion » de dépistage du cancer du poumon, interrogée par 20 Minutes.
Un nodule pulmonaire est-il grave ou synonyme de cancer ?
La professeure Revel rassure : avoir un nodule pulmonaire est « très banal » et seule une minorité d'entre eux sont liés à un cancer, environ 5 % à 7 %. Les nodules sont de petites opacités visibles sur le scanner, mesurant moins de 3 cm. En dessous de 3 mm, on parle de micronodules. Au-delà de 3 cm, il s'agit d'une masse et la probabilité de cancer est élevée. Pour les nodules, on instaure le plus souvent une surveillance par scanner, car un nodule bénin reste stable là où un nodule cancéreux va croître plus vite.
On trouve des nodules chez près de la moitié des fumeurs après cinquante ans. On sait aussi que les fumeurs ont en moyenne dix ans d'espérance de vie en moins et que le tabac est responsable de plus de huit cancers du poumon sur dix.
Que dit le recours à la chirurgie dans le cas du pape ?
Dans le cas du pape, le recours direct à la chirurgie suggère que le nodule était suspect. Lui-même a parlé de « stade précoce », ce qui suppose un cancer pris en charge très tôt, autrement le traitement aurait été une chimiothérapie. On ne sait pas si le pape Léon est ou a été fumeur, mais il a beaucoup travaillé en Amérique du Sud, dans des environnements pas forcément très sains.
Comment se déroule aujourd'hui ce type d'opération ?
Les méthodes opératoires ont fait d'énormes progrès. La chirurgie minimalement invasive consiste en de mini-incisions qui ne laisseront que très peu de cicatrices et permettront de se remettre très vite après l'opération. Mais cela suppose un travail préparatoire très soigneux, notamment par imagerie, pour guider le chirurgien qui va opérer avec une grande précision. « Je ne doute pas que l'équipe médicale du pape soit extrêmement compétente », ajoute la professeure Revel. L'opération se déroule sous anesthésie générale.
Le programme national « impulsion » de dépistage du cancer du poumon a mis en place le 3433, une ligne de consultation téléphonique réservée aux plus de 50 ans, qui propose une pré-évaluation des risques de cancer du poumon avant d'orienter vers un dépistage. Le même programme opère le site www.depistage-cancer-poumon.fr, qui permet un test de dépistage en ligne. « Faites-vous aider pour arrêter de fumer », conclut la spécialiste.