Une origine du bégaiement identifiée par des chercheurs montpelliérains
Origine du bégaiement découverte à Montpellier

Une équipe de chercheurs montpelliérains a peut-être percé l’un des mystères du bégaiement. Leur étude, publiée dans la revue Brain, révèle que ce trouble de la parole pourrait être lié à un défaut de synchronisation entre les régions cérébrales impliquées dans la production du langage. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.

Une anomalie de synchronisation cérébrale

Les scientifiques du laboratoire « Institut des Neurosciences de Montpellier » (INM) ont observé, grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), que chez les personnes qui bégaient, les aires cérébrales motrices et auditives ne communiquent pas de manière coordonnée. « On a le sentiment d’être enfin écoutés », a déclaré le Dr. Sophie Roux, chercheuse principale de l’étude, citée par Libération. « Nous avons identifié un délai anormal dans la transmission des signaux entre le cortex moteur et le cortex auditif, ce qui perturbe la boucle de contrôle de la parole. »

Des implications pour 1 % de la population mondiale

Le bégaiement touche environ 1 % de la population mondiale, soit près de 80 millions de personnes. En France, on estime que 600 000 individus sont concernés. Jusqu’à présent, les causes exactes de ce trouble restaient mal comprises, mêlant facteurs génétiques et environnementaux. Cette découverte apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes neurobiologiques sous-jacents.

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Vers de nouvelles approches thérapeutiques

Les chercheurs espèrent que cette avancée permettra de développer des traitements ciblés, notamment par la stimulation cérébrale non invasive ou des exercices de rééducation spécifiques. « Nous pourrions envisager des techniques de neurofeedback pour réentraîner le cerveau à synchroniser ces régions », précise le Dr. Roux. L’équipe prévoit déjà de lancer un essai clinique dans les deux prochaines années.

Un espoir pour les personnes qui bégaient

Pour les associations de patients, cette étude représente un espoir tangible. « C’est une avancée considérable », a réagi Marc Lefèvre, président de l’Association Parole Bégaiement. « Trop souvent, on nous dit que le bégaiement est d’origine psychologique. Montrer qu’il a une base neurologique, c’est aussi lutter contre les préjugés. »

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