Un élu du Rassemblement national (RN) dans la région Pays de la Loire a présenté sa démission ce mardi 7 juillet, après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo le montrant en train de chanter l'hymne pétainiste « Maréchal, nous voilà ! ». La séquence, filmée lors d'une réunion privée en juin 2024, a suscité une vive polémique au sein du parti d'extrême droite.
Les faits et la réaction du parti
Dans la vidéo, l'élu, dont l'identité n'a pas été officiellement confirmée par le parti, apparaît entouré de quelques personnes, entonnant avec enthousiasme ce chant qui fut l'hymne officiel du régime de Vichy sous Philippe Pétain (1940-1944). Selon une source proche du dossier, l'enregistrement a été réalisé lors d'une soirée privée à Nantes. Le RN a rapidement condamné ce comportement, qualifié d'« inacceptable » par le porte-parole du parti, Julien Odoul, qui a déclaré à l'Agence France-Presse : « Ces propos et ces actes sont contraires aux valeurs de la République et à l'engagement de notre mouvement en faveur de l'unité nationale. »
La démission et ses suites
L'élu, qui siégeait au conseil régional des Pays de la Loire depuis 2021, a remis sa démission ce mardi matin au président de l'Assemblée régionale. Dans un communiqué transmis à la presse, il a exprimé ses « regrets les plus sincères » et expliqué avoir voulu « rendre hommage à un passé douloureux de manière maladroite ». Il précise qu'il n'a « jamais partagé les idéaux du régime de Vichy » et que son geste était « une erreur de jeunesse ». Le RN a accepté sa démission et annoncé qu'il serait remplacé par le suivant sur la liste électorale. Cette affaire intervient alors que le parti tente de se présidentialiser et de rompre avec ses racines extrémistes.
Contexte historique et réactions
« Maréchal, nous voilà ! » est un chant de propagande créé en 1941 pour glorifier Philippe Pétain, chef de l'État français collaborateur de l'Allemagne nazie. Son interprétation publique est souvent perçue comme une apologie de crimes contre l'humanité. Plusieurs responsables politiques, dont le député LFI Éric Coquerel, ont demandé une enquête pour apologie de crimes de guerre. Le parquet de Nantes a indiqué avoir ouvert une enquête préliminaire. Cette démission rappelle des précédents, comme celle d'un élu RN en 2022 après des propos antisémites. Elle met en lumière les tensions persistantes au sein du RN entre sa volonté de normalisation et les dérapages de certains de ses membres.



