Neuroatypie après 40 ans : choc et soulagement d'un diagnostic tardif
Neuroatypie après 40 ans : choc et soulagement

Se découvrir neuroatypique après 40 ans : un choc et un soulagement. Autistes, TDAH, dyslexiques… Ils ont découvert leur neuroatypie dans la quarantaine, la cinquantaine, voire plus tard, souvent après des années à se demander ce qui ne fonctionnait pas bien en eux. Cette annonce, à la fois un choc et un soulagement, leur apporte une nouvelle grille de lecture de leur vie.

Un sentiment de libération suivi d'un grand vertige

Les personnes neuroatypiques diagnostiquées tardivement décrivent un sentiment de libération, suivi d'un grand vertige. Adolescent, Adrien (le prénom a été changé) avait un surnom : « la savonnette ». « Parce qu'on n'avait pas de prise sur moi. Dans les matières qui m'intéressaient, j'étais brillant – je pouvais passer trois mois à tout lire sur la bataille d'Austerlitz. Le reste, je m'en foutais, ce qui exaspérait les profs. Mes camarades disaient faire leurs devoirs en trente minutes, moi, ça me prenait des heures parce que mon esprit vagabondait. Et quand je reprenais conscience, c'était l'heure de dîner. »

Orienté vers une filière professionnelle de tourneur-fraiseur, Adrien a appris l'informatique sur le tas dans les années 1990. Il a commencé comme vendeur dans ce secteur, eu 17 employeurs différents, et fini manager avec « un salaire annuel à six chiffres »… Quel est donc ce curieux personnage, à la fois intelligent et décalé, qui nous prévient d'emblée qu'il faudra le couper si l'on n'est pas adepte des digressions ? Il y a un an, à près de 57 ans, Adrien a appris qu'il souffrait d'un TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et aussi de dyslexie et de dysorthographie, avec une manière d'écrire tout à fait fantaisiste. Adrien est neuroatypique.

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Un phénomène en pleine expansion

Comme lui, ils sont de plus en nombreux à découvrir leur trouble du neurodéveloppement sur le tard, à 40, 50, 60 ans même. L'animatrice et productrice Maïtena Biraben, 58 ans, a confié début avril avoir un trouble du spectre de l'autisme (TSA) et un TDAH, doublé d'un haut potentiel intellectuel (HPI). Ces diagnostics tardifs bouleversent la perception de soi et offrent une nouvelle compréhension des difficultés vécues.

Pour beaucoup, le diagnostic est une libération. Il met fin à des années d'incompréhension et d'errance médicale. « J'aurais donc pu ne pas souffrir toute ma vie ? » se demande-t-on. Mais il est aussi source de vertige : comment reconstruire son identité après 40 ans de vie sans ce cadre de référence ?

Les spécialistes soulignent l'importance d'un accompagnement adapté après le diagnostic, pour aider les personnes à intégrer cette nouvelle réalité et à développer des stratégies de compensation. Le nombre croissant de diagnostics tardifs reflète une meilleure connaissance des troubles neurodéveloppementaux chez l'adulte, longtemps considérés comme des pathologies de l'enfance.

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