Une invasion de moustiques perturbe le début de saison touristique sur le littoral biterrois
Le long de la Méditerranée, la prolifération inhabituelle des moustiques perturbe le début de saison. À Vendres ou à Valras-Plage, restaurateurs et patrons de camping s’inquiètent de l’impact de cette nuisance sur l’activité touristique.
À Vendres, les professionnels du tourisme tirent la sonnette d’alarme
À Vendres, sur la plage au bout du chemin des Montilles, le restaurant de plage Les Canisses reprend vie avec les beaux jours. Mais derrière les tables qui se dressent face à la mer, l’inquiétude s’invite déjà. « Cette année, ça va être particulièrement compliqué », confie Tiffany, gérante des lieux depuis 2019. À l’origine de cette crainte, les moustiques présents sur le littoral. Le 29 avril, lors de la réouverture, la soirée a tourné court : « Les gens ne pouvaient même pas rester sous la paillote, ils partaient se mettre au vent ». Habituellement, après 21 heures, l’afflux de moustiques ralentit, mais cette année, « ils persistent toute la soirée », déplore Tiffany.
Un nuage noir de moustiques observé près du camping
Cette invasion s’explique par les aléas climatiques de cet hiver et les fortes pluies du printemps, créant une eau stagnante, juste derrière le restaurant. « On en parle avec les confrères restaurateurs et les campings du coin, on se pose vraiment des questions pour la saison à venir », poursuit la gérante. Parmi les inquiets, le camping Lodge Méditerranée, à quelques mètres de là. Sébastien Marchal, le directeur, dénonce une situation qui fait déjà des dégâts : « Un soir, à 19 h 30, les clients revenaient de la plage en courant avec dix-quinze piqûres. Au loin, on voyait une nuée ardente de moustiques, un vrai nuage noir. On aurait dit un incendie ». Un début de saison compliqué, à cause de moustiques tenaces : « Bougies citron, spray… rien ne fonctionne. C’est la première année que je vois ça en début de saison ». Seule option actuelle : un piège anti-moustiques au CO2 qui coûte aux alentours de 900 euros. Mais le gérant l’affirme, il en faudrait « au moins dix » pour couvrir la zone du camping. Une somme qu’il ne possède pas.
Les acteurs du tourisme appellent à l’aide
Pour Sébastien Marchal ainsi que les gérants des campings environnants, la solution doit venir de la commune ou de la Région : « On est même prêts à un peu participer financièrement ». Pour l’heure, le camping essuie la déception des clients et la baisse des réservations sur les ponts de mai : « On attend, on en parle, mais on subit ». Un peu plus loin sur la côte, à Valras-Plage, le sujet inquiète moins. Françoise, 63 ans, est venue de Saint-Étienne avec son mari pour passer des vacances au camping Le Sérignan Plage. Si le couple considère la situation largement tolérable, il reste catégorique sur le sujet : « Un camping envahi de moustiques, on écourte notre séjour ».
Le maire de Vendres interpelle l’EID Méditerranée
Richard Vassakos, nouveau maire de Vendres, a interpellé l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID), face à la détresse des administrés de sa commune : « J’espère vraiment que l’EID va mettre les moyens. C’est toute la côte littorale qui est touchée ».
L’EID rappelle les limites des traitements
« La démoustication de confort a lieu toute l’année », rappelle Cécile Emin, chargée de communication à l’EID Méditerranée. Seulement, le traitement ne peut s’effectuer que sur les larves et non les adultes déjà volants : « C’est impossible d’éradiquer complètement les moustiques, notre objectif est juste de faire baisser les nuisances à un seuil plus acceptable », affirme Cécile Emin, qui précise que la situation actuelle ne « présage pas du tout cet été ». La zone de Valras-plage à Lespignan, en passant par Vendres, est classée Natura 2000. Les traitements contre les insectes restent donc encadrés et limités. Mais la situation continue de peser : saisonniers inquiets, tourisme fragilisé et une prolifération inhabituelle qui interroge. Même si les moustiques présents sur le littoral sont saisonniers et appelés à diminuer à la fin du printemps.
Ne pas confondre moustiques des marais et moustiques tigres
S’ils perturbent le quotidien des habitants comme des vacanciers, les moustiques du bord du littoral, à proximité des marécages ou des eaux stagnantes, ne doivent pas être confondus avec les moustiques tigres. Ces derniers, reconnaissables à leurs rayures noires et blanches, mesurent en moyenne 5 millimètres et peuvent être porteurs de virus comme le chikungunya, le Zika ou encore la dengue. Yann Geshors, coordinateur de l’association Sauvegarde Hérault Littoral, fondée en 2017, le rappelle : « Les moustiques tigres eux, sont en ville. On a du mal à faire de la communication pour faire comprendre la différence entre les espèces. » Les moustiques du littoral devraient disparaître avec la fin du printemps. Quant aux moustiques tigres, déjà de retour, leur présence devrait s’intensifier avec l’arrivée des fortes chaleurs estivales.



