Après une année 2025 record en termes d'importations de cas et de foyers autochtones de chikungunya, dengue, Zika et West-Nile, Santé publique France appelle à la vigilance alors que la période de surveillance renforcée a débuté le 1er mai et prendra fin le 30 novembre 2026. Avec 1 073 cas importés en France métropolitaine, dont 113 en Occitanie, et 89 cas autochtones, 2025 a été une année exceptionnelle pour le seul chikungunya. Qu'en sera-t-il en 2026 ? L'inconnue demeure : il devrait y avoir moins de cas importés, mais cela n'exclut pas l'apparition de foyers épidémiques, compte tenu de l'implantation des moustiques tigres et culex sur le territoire.
2025, l'année des records
Marie Bâville, cheffe du centre de crises sanitaires de la Direction générale de la santé, et le Dr Harold Noël, directeur adjoint de la direction des maladies infectieuses de Santé publique France, rappellent que 2025 a été une année record, exceptionnelle en France métropolitaine, sur le front des maladies transmises par les moustiques. Les moustiques tigres (Aedes albopictus) sont vecteurs de la dengue, du chikungunya et du Zika, tandis que le moustique commun (Culex) transmet le virus du Nil occidental (West-Nile).
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 2 398 cas importés de chikungunya, 2 389 de dengue et 18 de Zika. Pour les cas autochtones, on dénombre 809 cas de chikungunya répartis sur 79 foyers, un véritable changement d'échelle. Le pourtour méditerranéen est en première ligne : un foyer de 144 cas a été relevé dans les Alpes-Maritimes. On comptabilise également 30 cas autochtones de dengue et 60 cas de West-Nile, mais aucun de Zika. En Occitanie, 110 cas importés et 89 cas autochtones de chikungunya ont été enregistrés, ainsi que 115 cas importés et 6 cas autochtones de dengue, et 1 cas importé de Zika.
2026, une tendance différente
La situation de 2025 s'explique en partie par la virulence des épidémies à La Réunion, Mayotte, en Guadeloupe et en Martinique, favorisant l'importation de cas puis le développement de foyers autochtones. Cette année, la situation est plus calme. Pour la dengue, par exemple, la transmission est modeste aux Antilles, avec 30 à 40 cas par semaine en Martinique. En Guyane, 204 cas ont été recensés depuis le début de l'année. Pour le chikungunya, la situation à Mayotte est plus préoccupante avec 992 cas, mais la dynamique est en baisse.
Le nombre de cas importés depuis le début de l'année est donc moindre : moins de 200 cas importés de chikungunya, et bien en deçà pour la dengue (moins de 20 cas par semaine). Cependant, cela n'augure en rien de la situation en métropole. Comme le souligne le Dr Noël, 2025 a été exceptionnel, 2026 sera différent. La pression d'importation sera moins importante, mais avec 83 départements désormais conquis par Aedes albopictus et des conditions météo favorables, le risque de démarrage d'une épidémie est plus important. Il n'existe pas de modèle permettant de prédire le nombre de cas autochtones. L'an dernier, il y a eu 26 fois plus de cas autochtones à nombre égal de cas importés.
La fenêtre de transmission est désormais très étendue, de mi-mai à fin novembre, et les épisodes de transmission risquent de se multiplier. Le moustique tigre est actif dans la quasi-totalité de la métropole et s'est implanté dans de nouvelles régions : Nouvelle-Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est. Le Culex est implanté dans 17 départements, certains très récemment. L'année 2025 a été record avec 62 cas de West-Nile, contre une quarantaine auparavant, avec une progression de l'implantation du Culex en Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France. En Occitanie, la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne ont été touchés pour la première fois. Cette maladie n'est pas anodine : elle se traduit par des atteintes neurologiques dans 32 % des cas.
Prévention : ne pas baisser la garde
Santé publique France rappelle les messages de prévention, individuelle et collective, car aucune mesure n'est efficace à 100 %. C'est la somme de ces mesures qui permet de diminuer la transmission. Il ne faut pas baisser la garde. Les recommandations incluent : vider et éliminer les récipients susceptibles de contenir de l'eau, se protéger des piqûres en portant des vêtements amples et couvrants, utiliser des moustiquaires et des répulsifs, ou encore créer un courant d'air avec un ventilateur. En voyage, il est également essentiel de se protéger.



