Monaco : vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ?
Monaco : réseaux sociaux interdits pour les moins de 15 ans ?

À l'instar du débat en France, les élus du Conseil national de Monaco demandent à l'exécutif de légiférer pour protéger les mineurs de moins de 15 ans des dangers des réseaux sociaux. Une proposition de résolution a été adoptée à l'unanimité le 12 mai 2026, s'appuyant sur l'enquête Espad qui révèle que plus des deux tiers des 1300 élèves sondés en Principauté en 2024 reconnaissent passer trop de temps sur les écrans. Le Conseil national des jeunes s'est également prononcé en faveur d'une protection renforcée.

Un appel à légiférer rapidement

Face au cyberharcèlement, à l'addiction, aux algorithmes poussant à une consommation excessive de contenus inadaptés, et aux problèmes de santé qui en découlent, le Conseil national invite le gouvernement princier à déposer un projet de loi dans les meilleurs délais. L'élue Mathilde Le Clerc, première signataire, souligne l'urgence : « La résolution est un acte plus politique que technique. Si on respecte le processus législatif traditionnel, il peut se passer plus d'un an et demi avant l'entrée en vigueur. » Elle ajoute être sollicitée par de nombreux parents qui souhaitent interdire les réseaux sociaux à leurs enfants mais ne savent pas comment faire, et estiment qu'une loi leur donnerait une légitimité.

Des pistes concrètes proposées

La résolution suggère des actions de sensibilisation pour les parents et les jeunes, en lien avec le tissu associatif local, ainsi que des mécanismes dissuasifs contre les plateformes qui ne respecteraient pas leurs obligations de protection des mineurs. Depuis la rentrée 2025-2026, les élèves de la Principauté doivent déjà laisser leurs téléphones dans une pochette verrouillée durant le temps scolaire pour lutter contre le cyberharcèlement et l'addiction.

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Une dimension européenne

Le ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Christophe Robino, assure que le gouvernement a conscience des dangers et entend agir, mais souligne que la question est aussi européenne. Monaco, qui assurera la présidence du Conseil de l'Europe, organisera une conférence le 4 juin sur « les réseaux sociaux et les jeunes » pour dresser un état des lieux à l'échelle du continent. « Nous avons l'ambition de participer à l'élaboration de mesures qui vont au-delà de notre pays, pour avoir un modèle européen d'encadrement », déclare-t-il.

Des interrogations sur l'efficacité

Lors du débat, plusieurs élus ont émis des réserves. Régis Bergonzi, de l'opposition, craint qu'une limitation d'âge soit inopérante car « aucune disposition technique ne permet d'empêcher totalement le contournement », et que l'interdiction seule déplace les usages. Guillaume Rose, de la majorité, s'inquiète des libertés publiques et du risque de surveillance, un « désastre pour la vie privée des enfants ». Malgré ces doutes, la résolution a été adoptée à l'unanimité, laissant la balle dans le camp du gouvernement.

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