En cette mi-juillet marquée par des épisodes de fortes chaleurs, les sauveteurs-pompiers veillent chaque jour sur les plages de Menton. Présents sur les postes de secours, ils assurent la surveillance des baigneurs et interviennent en cas de difficulté en mer. Une mission essentielle, exercée plusieurs heures d'affilée sous le soleil. C'est justement leurs conditions de travail qui ont conduit l'un de nos lecteurs, le docteur Henri Forest, pédiatre à Menton, à nous adresser un témoignage. Le médecin dit s'inquiéter de l'exposition prolongée des sauveteurs à la chaleur, notamment sur les deux miradors des Sablettes.
Des miradors jugés insuffisamment protecteurs
« J'ai décidé d'envoyer ce témoignage parce que je suis médecin et que je regarde avant tout l'aspect humain de la situation », explique Henri Forest. Selon lui, les sauveteurs sont régulièrement contraints de quitter leur poste en hauteur pour s'abriter du soleil. « Quand on passe aux Sablettes, on les voit au pied du mirador, derrière la structure, à la recherche d'un peu d'ombre. » Le médecin estime que la toiture actuelle ne protège pas suffisamment les équipes. « Sur les photos que j'ai prises, on voit très bien que le toit ne remplit pas sa fonction. Les sauveteurs restent exposés en plein soleil malgré la canicule. La seule zone d'ombre se projette derrière le mirador. »
Des risques pour la santé et la vigilance
Pour le pédiatre, cette exposition prolongée peut avoir des conséquences sur la santé des sauveteurs. « Il existe un risque d'insolation, surtout s'ils ne s'hydratent pas en permanence. La vigilance peut également diminuer, alors qu'ils doivent rester extrêmement attentifs à ce qui se passe dans l'eau. Enfin, une exposition répétée sans protection suffisante augmente le risque de lésions cutanées, notamment de mélanome. » Henri Forest estime également que ces conditions peuvent avoir un impact sur la qualité de la surveillance. « Pour trouver un peu d'ombre, ils descendent du mirador et se placent derrière la structure. Ils renoncent ainsi à la position surélevée qui offre la meilleure visibilité sur la plage. C'est une situation paradoxale, car ils ne peuvent plus utiliser pleinement leur poste de surveillance. »
Une solution simple proposée
Le médecin suggère une solution qu'il juge facile à mettre en œuvre. « Il suffirait d'installer une toiture beaucoup plus large, avec un petit retour à l'avant afin de couper les rayons du soleil. Ce serait peu coûteux et cela améliorerait considérablement leurs conditions de travail », estime-t-il.
Les sauveteurs réservés, le Sdis 06 sans réponse
Face à la mer, ils restent impassibles, les yeux rivés sur le plan d'eau à la recherche du moindre signe de détresse pour intervenir. Le soleil est haut dans le ciel et ses rayons n'épargnent personne, ni les touristes, ni ces hommes et femmes vêtus de jaune et rouge. Ces derniers jours, nous avons interrogé une dizaine de sauveteurs-pompiers présents sur les plages de Menton afin de recueillir leur point de vue. Tous ont fait valoir leur réserve et nous ont indiqué ne pas être autorisés à s'exprimer dans la presse. Pourtant bien exposés à la chaleur, aucun d'entre eux n'a donné des signes de souffrance. Sollicité à ce sujet, le Service départemental d'incendie et de secours des Alpes-Maritimes (Sdis 06) n'a pas donné suite.



