Le Parlement européen a adopté ce mardi 28 avril une résolution appelant Bruxelles à élaborer « dans les plus brefs délais » une définition commune du viol, fondée sur l'absence de consentement. Ce vote, soutenu par une large majorité d'eurodéputés réunis à Strasbourg, a été salué par des applaudissements dans l'hémicycle.
Une avancée après deux ans de blocage
L'Union européenne avait déjà adopté il y a deux ans un texte historique contre les violences faites aux femmes, criminalisant les mutilations génitales, le mariage forcé, le partage non consenti d'images intimes et le cyberharcèlement. Cependant, la question du viol n'avait pu être incluse faute de consensus juridique. Les eurodéputés ont donc relancé le débat en exigeant une définition harmonisée « fondée sur l'absence de consentement libre, éclairé et révocable ».
Un signal fort inspiré par l'affaire Pelicot
Le texte fait directement référence à Gisèle Pelicot, devenue un symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles. Pour les élus, cette affaire « met en évidence l'insuffisance des définitions du viol fondées sur la contrainte ». L'eurodéputée écologiste Mélissa Camara a qualifié ce vote de « signal politique fort envoyé aux victimes et à la Commission européenne ».
La Commission, interrogée par l'AFP, n'a pas encore indiqué si elle donnerait suite à cette demande. En France, la notion de consentement a été intégrée à la définition du viol à l'automne dernier, après le retentissant procès des viols de Mazan.



