À Montpellier, Mélissa, 21 ans, a subi une injection esthétique clandestine pour affiner sa mâchoire. Résultat : des granulomes inflammatoires sous la peau, une honte persistante et un silence qui profite à l'injectrice illégale. Son témoignage illustre les dangers d'un marché parallèle en pleine expansion sur les réseaux sociaux.
Une injection clandestine pour une jawline parfaite
Mélissa* ne rêvait pas de lèvres pulpeuses, mais d'une mâchoire plus dessinée, comme celles qu'elle voyait sur Instagram, Snapchat et TikTok. Une injectrice de la banlieue montpelliéraine lui a proposé le résultat pour quelques centaines d'euros, dans un appartement de Montpellier. L'injection n'a duré que quelques minutes. « Au début, j'étais même contente du résultat les premiers jours », confie-t-elle.
Des nodules sous la peau : les premiers signes
Dès le lendemain, en passant sa main sur sa mâchoire, Mélissa sent une boule, puis plusieurs. « Elles étaient dures, comme des petits cailloux sous ma peau. Au début, je me suis dit que ça allait partir. Mais chaque matin, elles étaient toujours là. Je passais mon temps à les toucher. C'était devenu une obsession. Là j'ai commencé à me dire que j'avais peut-être fait une connerie. »
Diagnostic : des granulomes inflammatoires
Les jours passent, les nodules ne disparaissent pas, certaines zones s'enflamment. « Ça tirait quand je souriais. J'avais peur que quelqu'un me prenne le visage ou me fasse la bise et sente ces boules. » Finalement, elle consulte un médecin. Le diagnostic tombe : des granulomes inflammatoires, une réaction chronique provoquée par le produit injecté. Le médecin lui annonce : « Il va falloir être patiente. Ça peut mettre des mois… parfois des années à disparaître. » Mélissa reste bloquée sur ce mot : des années.
La honte, plus lourde que les séquelles physiques
Contrairement à d'autres victimes, Mélissa n'est ni hospitalisée ni opérée. Mais le plus difficile, selon elle, c'est la honte. « Je n'en ai parlé à personne. Ni à mes amis. Ni à ma famille. Je me disais : "Tu l'as cherché. Tu voulais être plus belle, maintenant assume." J'avais peur qu'on me prenne pour une grosse débile. Alors je la bouclais. »
Que dit la loi ?
Juridiquement, les victimes d'injections clandestines ne sont pas responsables des actes des injecteurs illégaux. Elles peuvent porter plainte pour blessures involontaires, tromperie ou mise en danger de la vie d'autrui. Pendant que Mélissa garde le silence, son injectrice continue son activité. « C'est ça qui me fait le plus mal aujourd'hui. Moi, je vivais avec mes angoisses et ma honte. Pendant ce temps-là, elle faisait sûrement la même chose à d'autres filles. Et moi, je n'ai rien dit. »
*Le prénom a été modifié pour préserver son anonymat.



