Depuis le début de l'épidémie d'hantavirus, les théories complotistes fleurissent sur internet, comme au moment du Covid. D'un côté, Didier Raoult, bras croisés et lunettes vissées sur le nez, devant un fond blanc qui pourrait être celui de sa chambre ou de son salon. De l'autre, le conférencier et polémiste Idriss Aberkane, costume cintré et micro entre les mains. Cette scène de visioconférence pourrait tout à fait dater de 2020, en pleine crise du Covid-19. Mais c'est bien ce mardi 12 mai 2026 qu'elle s'est tenue.
Alors que l'hantavirus, qui a débuté sur le bateau de croisière « MV Hondius », comptabilise 11 cas et trois morts, Didier Raoult et Idriss Aberkane ont consacré un live de près de deux heures sur YouTube. Dès les premières secondes, le cadre est posé : « Petite facétie de l'histoire, le mot hanta, signifie arnaque en hébreu », lâche Aberkane, sans aller au bout de ce sous-entendu antisémite. En réalité, le mot « hantavirus » trouve son origine dans la contraction de deux mots : celui du nom de la rivière Hantaan, en Corée du Sud, sans aucun lien avec l'hébreu, et de virus, qui en latin signifie « poison » ou « toxine ».
Ces communautés n'ont pas disparu après le Covid. Elles se sont adaptées et continuent de prospérer sur les réseaux sociaux, exploitant la peur et la méfiance envers les institutions. Les théories vont bon train : virus créé en laboratoire pour vendre des vaccins, ou plan pour interférer dans les élections de mi-mandat aux États-Unis. Pourtant, les scientifiques rappellent que l'hantavirus est connu depuis des décennies et que les mesures de prévention sont simples.
Le live de Raoult et Aberkane a été vu par des milliers de personnes, renforçant la confusion et la désinformation. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance et à ne pas céder à ces discours dangereux.



