Pas de panique… ou presque. À bord du MV Hondius, visé par une alerte internationale après trois décès liés à un foyer d’hantavirus, deux passagers français racontent une vie « quasi‑normale ». Julia et Roland Seitre, sexagénaires originaires d’Indre‑et‑Loire, assurent que « tout va bien » pour eux comme pour les autres Français présents sur le navire.
Des mesures strictes mais gérables
Dans un communiqué transmis à l’AFP, ils décrivent des mesures sanitaires strictes mais gérables. « On nous conseille de rester le plus possible dans les cabines, d’éviter les grands rassemblements », expliquent‑ils. Les déplacements restent autorisés, notamment sur les ponts extérieurs, et les repas se poursuivent « en respectant les distances de sécurité ».
Une croisière pas comme les autres
À bord, l’ambiance reste particulière, mais calme. « Nous pouvons discuter entre nous en petit comité et à distance », racontent les deux passagers. Ils évoquent une croisière très éloignée des standards habituels : « ni une croisière de luxe, ni une croisière de loisirs classique ». Pas de piscine, sauna, salle de gym et autre salle de cinéma… « Tous les passagers sont des passionnés avec des objectifs différents mais loin des loisirs dédiés aux croisières. Nous avons beaucoup d’ornithologues, des passionnés d’histoire et géographie et de lieux isolés, des botanistes, des spécialistes des cétacés ou des étoiles », détaillent ces deux vétérinaires de formation.
Le couple insiste sur la nécessité de relativiser. « Parler d’épidémie est faux, sous-entendre pandémie malhonnête », affirment-ils. Ils saluent également la gestion à bord, évoquant le « dévouement […] total » du personnel et des médecins, certains eux-mêmes malades. « Inutile de dramatiser à outrance comme certains médias l’ont fait », ajoutent-ils. Le couple est en relation avec la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères « qui a contacté tous les Français à bord et mis à disposition des téléphones d’urgence ».
Un virus rare et surveillé de près
L’hantavirus est généralement transmis par des rongeurs infectés. Mais la souche détectée à bord du Hondius intrigue : elle pourrait se transmettre d’humain à humain, ce qui reste rare. Malgré cela, Julia et Roland Seitre se veulent rassurants : « La situation est complexe […] mais tout le monde […] travaille sur les solutions dans le calme nécessaire ». Une manière de tempérer l’inquiétude, alors que le navire s’approche de son point d’arrivée.
D’après le témoignage de Julia et Roland Seitre, « quatre médecins/biologistes/épidémiologistes sont montés à bord pour analyser la situation et préparer le débarquement éventuel aux Canaries ». Le navire est attendu dimanche à Tenerife, dans l’archipel espagnol, en vue d’une évacuation des quelque 150 passagers et membres d’équipage en début de semaine prochaine.



