Gard : 200 femmes meurent chaque jour d'insuffisance cardiaque
Gard : 200 femmes meurent chaque jour d'insuffisance cardiaque

Chaque jour en France, 200 femmes meurent de pathologies cardiovasculaires, un chiffre qui dépasse celui des hommes, contrairement aux idées reçues. Dans le Gard, la CPAM et l'association Agir pour le cœur des femmes se mobilisent à l'occasion de la deuxième semaine de l'insuffisance cardiaque, du 22 au 29 septembre, pour sensibiliser et dépister cette pathologie encore trop peu prise en charge.

Un enjeu de santé publique majeur

Anne-Laure Usseglio, directrice adjointe de la CPAM du Gard, souligne que les maladies cardiovasculaires constituent un véritable sujet de santé publique. Pour la première fois, la CPAM a reçu l'association Agir pour le cœur des femmes et a organisé une journée de prévention destinée à 71 femmes éloignées du soin, un public qui ne vient pas de lui-même et qui souvent n'a pas de médecin traitant. Cette action a été menée en lien avec la CPTS Nemausa et des associations de santé.

Une heure trente de dépistage a permis de détecter parfois d'autres problèmes de santé, comme un diabète. Les femmes ne s'écoutent pas assez, selon Aurore Noël, responsable de la prévention d'Agir pour le cœur des femmes : « Trop souvent encore, les femmes ne s'écoutent pas, font passer la santé de la famille avant la leur et arrivent trop tard chez le médecin. »

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Des symptômes moins lisibles chez les femmes

L'insuffisance cardiaque reste un angle mort de la santé des femmes, alors que dans huit cas sur dix, l'entrée dans la maladie pourrait être évitée. Aurore Noël insiste sur l'importance de l'hygiène de vie, de l'activité physique, de l'alimentation, mais aussi du suivi gynécologique : « La prise d'une pilule, la grossesse ou la ménopause, c'est-à-dire toutes les variations hormonales, doivent être aussi vues sous l'angle cardiovasculaire. »

Les symptômes annonciateurs d'un infarctus, comme des nausées ou une grosse fatigue, sont parfois moins « lisibles » chez une femme, et les médecins sont moins sensibilisés à cette différence.

Précarité et mortalité cardiovasculaire dans le Gard

Les pathologies cardiovasculaires sont très souvent corrélées avec la précarité. Anne-Laure Usseglio précise : « Le Gard est le cinquième département le plus pauvre en France et, en Occitanie, c'est le quatrième département qui connaît le plus de décès. » Les femmes représentent 61 % des décès pour insuffisance cardiaque et 58 % des décès pour AVC dans le département.

Une matinée Cœur et santé samedi 26 septembre

Dans le cadre de la semaine de l'insuffisance cardiaque, la CPTS Nemausa organise une matinée Cœur et santé, samedi 26 septembre, de 9 h à 12 h, à la salle de squash des arènes (36 rue Porte-de-France). Au programme : des conseils pour prendre soin de son cœur au quotidien et des ateliers diététiques. L'inscription se fait en scannant le QR code sur l'affiche.

La CPAM rappelle les signes qui doivent amener à consulter : essoufflement inhabituel, prise de poids rapide, œdèmes au niveau des chevilles, fatigue excessive. Les conseils à suivre : faire de l'exercice, réduire le sel, la viande rouge, l'alcool, le sucre, et arrêter de fumer.

L'association Agir pour le cœur des femmes espère que la ville de Nîmes accueillera à son tour le Bus du cœur. « Il fait quinze étapes par an et reçoit à chaque fois trois cents femmes sur trois jours », explique Aurore Noël. Un message reçu par Catherine Fenech, l'adjointe à la santé. « Repérer plus tôt l'insuffisance cardiaque, c'est éviter des complications et des hospitalisations. Notre objectif est de sauver des vies », lance Anne-Laure Usseglio.

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