Une révolution dans la prévention du VIH arrive en France
Un traitement préventif injectable contre le VIH, attendu avec impatience par les associations et les spécialistes depuis près de deux ans, vient d'être autorisé en France. Cet arrêté gouvernemental, publié jeudi 26 février, marque une étape significative dans la lutte contre le virus du sida.
Le cabotégravir injectable : une alternative à la PrEP orale
Le médicament concerné est le cabotégravir sous forme injectable, commercialisé sous le nom « Apretude » par ViiV Healthcare, filiale du laboratoire britannique GSK. Contrairement à la PrEP orale actuellement disponible en France, qui nécessite une prise quotidienne de comprimés avec des risques d'oubli ou d'abandon, cette nouvelle formulation s'administre une fois tous les deux mois seulement.
Le gouvernement a justifié la prise en charge intégrale de ce traitement par son caractère « irremplaçable et particulièrement coûteux ». Une dose d'Apretude est officiellement vendue à plus de 1 000 euros, bien que le prix réellement remboursé par l'Assurance-maladie reste confidentiel.
Une avancée saluée par les experts et associations
Dès 2020, l'agence spécialisée des Nations unies Onusida évoquait un traitement qui pourrait « changer la donne » dans la prévention du VIH. L'association française Aides a qualifié cette autorisation d'« avancée majeure dans la lutte contre le VIH/sida ».
Solenn Bazin, chargée de plaidoyer prévention pour Aides, souligne que cette PrEP injectable permettra notamment aux personnes pour qui « l'observance de la PrEP orale était particulièrement difficile d'accéder à cet outil de prévention ».
Des négociations de prix et des restrictions d'accès
La commercialisation de ce traitement était suspendue depuis l'été 2024, date à laquelle la Haute Autorité de santé (HAS) avait validé son intérêt tout en émettant certaines réserves. L'autorité sanitaire n'y voyait qu'une amélioration « modérée » du service médical rendu.
Malgré l'enthousiasme général, Aides s'inquiète d'un obstacle potentiel : pour bénéficier de la PrEP injectable, les patients doivent réaliser un test de charge virale du VIH qui n'est pas pris en charge à 100%. Il subsistera donc un reste à charge, éventuellement couvert par une mutuelle complémentaire.
De plus, toutes les personnes exposées au VIH ne sont pas éligibles. La HAS ne recommande pas ce traitement aux femmes en âge d'avoir un enfant en raison d'un « risque potentiel de malformation » chez le fœtus.
Un espoir pour réduire les nouvelles infections
Ce traitement préventif injectable représente un espoir concret pour réduire le nombre de nouvelles infections au VIH en France. Sa simplicité d'administration - une injection tous les deux mois contre une prise quotidienne de comprimés - pourrait considérablement améliorer l'observance thérapeutique chez de nombreux patients.
L'arrivée de cette nouvelle option thérapeutique intervient alors que la lutte contre le VIH/sida nécessite des outils de prévention diversifiés et adaptés aux différents profils de patients. Les associations de lutte contre le sida suivront avec attention le déploiement concret de ce traitement sur le territoire français.



