Un appel à la non-ingérence de l'État dans les choix de fin de vie
Dans une tribune publiée par Le Monde, un collectif de personnalités, dont des médecins, des philosophes et des juristes, prend position sur le débat autour de la fin de vie en France. Ils affirment que le rôle de l'État n'est pas de décider à la place des individus, mais de garantir leur liberté de choix. Selon eux, la législation actuelle est insuffisante et ne respecte pas pleinement l'autonomie des personnes en fin de vie.
Des lacunes dans la loi actuelle
Les signataires soulignent que la loi Claeys-Leonetti de 2016, bien qu'elle ait introduit des avancées comme la sédation profonde et continue, ne permet pas aux patients de choisir librement les conditions de leur mort. Ils déplorent que cette loi reste trop restrictive et ne donne pas aux individus la possibilité de recourir à une aide active à mourir. Selon une enquête IFOP de 2023, 89 % des Français se déclarent favorables à une évolution de la loi sur la fin de vie.
Une position éthique et politique
Le collectif estime que l'État doit se positionner comme un garant des droits fondamentaux, et non comme un arbitre moral. Il rappelle que la liberté de conscience et le respect de la dignité humaine sont des principes constitutionnels. Les signataires écrivent : « L'État n'a pas à imposer une conception particulière de la vie ou de la mort. Il doit permettre à chacun de vivre sa fin de vie selon ses convictions. »
Des propositions concrètes
Pour remédier à cette situation, les auteurs de la tribune proposent l'instauration d'un droit à l'aide active à mourir, encadré par des conditions strictes de volonté libre et éclairée, de souffrance réfractaire et de pronostic vital engagé. Ils préconisent également un renforcement des soins palliatifs, afin que chaque personne puisse bénéficier d'un accompagnement adapté à ses besoins. Actuellement, seulement 30 % des patients qui auraient besoin de soins palliatifs y ont effectivement accès, selon un rapport de la Cour des comptes de 2022.
Un débat de société majeur
Cette tribune intervient dans un contexte de débat parlementaire sur la fin de vie. Plusieurs propositions de loi ont été déposées à l'Assemblée nationale, mais aucune n'a encore été adoptée. Le collectif espère que leur appel incitera les législateurs à agir rapidement pour offrir aux citoyens une véritable liberté de choix en fin de vie. Comme le conclut la tribune : « Il est temps que la France rejoigne les pays qui ont su concilier respect de la vie et respect des volontés individuelles. »



