Le centre d'accueil et de crise (CAC) Ginette Amado, situé rue Garancière dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, cessera définitivement son activité le 10 juillet 2026. Cette structure, qui disposait de lits d'urgence, offrait une alternative précieuse à l'hospitalisation psychiatrique traditionnelle, en proposant une prise en charge de proximité centrée sur le lien thérapeutique.
Un modèle de soins unique menacé
Créé en 1981 dans le cadre de la politique de psychiatrie de secteur, le CAC Ginette Amado incarnait une approche « désaliénante » visant à réintégrer les patients dans la société. Selon Benjamin Gavrois, infirmier et représentant syndical CGT qui y travaille depuis dix ans, « c'est une situation triste qui révèle un mouvement global de destruction de la psychiatrie publique ». Il déplore la fin d'« une certaine manière de soigner », où la proximité et le lien étaient au cœur du dispositif.
Une fermeture sans fracas mais lourde de conséquences
La disparition de ce centre s'inscrit dans un contexte plus large de démantèlement des structures de psychiatrie de secteur en France. Le collectif pour sauver le CAC Ginette Amado dénonce un effacement progressif qui fragilise l'accès aux soins pour les personnes en souffrance psychique. L'établissement, nommé d'après le dernier médecin directeur de l'hôpital Sainte-Anne, était un maillon essentiel du réseau de soins parisien.
« Cela va laisser un vide immense dans le quartier », témoigne un ancien patient. « Ici, on était écouté, soutenu, sans être enfermé. C'est une perte énorme pour la psychiatrie de proximité. »
Un signal d'alarme pour la psychiatrie publique
Cette fermeture intervient alors que le gouvernement mène une réforme de l'offre de soins psychiatriques, privilégiant les hospitalisations de courte durée et les structures lourdes au détriment des dispositifs légers de proximité. Les syndicats et associations de patients redoutent que d'autres centres similaires ne subissent le même sort. Le collectif appelle à une mobilisation citoyenne pour préserver ce qui reste de la psychiatrie de secteur.
Le CAC Ginette Amado accueillait chaque année plusieurs centaines de patients en crise, évitant des hospitalisations longues et coûteuses. Sa fermeture marque un tournant dans l'histoire de la psychiatrie parisienne et pose la question de l'avenir des soins de proximité en France.



