Ex-conseiller de Macron, il se lance dans l'anti-âge de luxe
Ex-conseiller de Macron, il se lance dans l'anti-âge de luxe

En mai 2017, sur le perron de l'Élysée, la France découvre, sous un ciel gris, la team de campagne d'Emmanuel Macron tout juste élu. Sur la photo de famille, à l'arrière-plan, les cheveux épais comme la monture de ses lunettes, dépasse la tête d'Ismaël Emelien. À tout juste 30 ans, celui qui fut le cerveau d'En marche ! s'apprête à devenir l'un des plus secrets conseillers du nouveau chef de l'État.

Neuf ans plus tard, en mai 2026, sous un soleil de plomb, celui qui est devenu le patron de Zoï — « vie » en grec —, un centre de santé préventive au luxe discret, accueille Corinne Bouchouchi dans un immeuble cossu du centre de Paris. Bermudas, baskets et tee-shirt blanc, l'ex-bras droit d'Emmanuel Macron est méconnaissable. Ses cheveux, aujourd'hui mi-longs, ont grisé, et ce jeune père de famille cultive une nonchalance qui sied à ses nouveaux objectifs : aider ses compatriotes à vieillir en bonne santé, loin du tumulte qui stresse le commun des mortels.

De l'ombre de l'Élysée à la lumière de la santé

Ismaël Emelien a quitté ses fonctions à la présidence en 2019, après avoir été l'un des stratèges clés de la campagne victorieuse de 2017. Son départ avait suscité des interrogations sur son avenir. Certains le voyaient poursuivre en politique, d'autres en conseil. C'est finalement dans le secteur de la santé qu'il a réapparu, avec une ambition affichée : réinventer la prévention médicale pour les plus fortunés.

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Zoï, sa start-up, a été lancée discrètement. Le centre parisien, installé dans un immeuble haussmannien, se veut à la pointe de la technologie. Intelligence artificielle, analyse de données biologiques, génétique, capteurs connectés : tout est mis en œuvre pour établir un diagnostic précis du vieillissement cellulaire de chaque patient.

Zoï, une clinique de pointe pour privilégiés

Le concept de Zoï repose sur une approche holistique et individualisée. Les patients — une « happy few » aux revenus élevés — confient leur santé à une équipe de médecins, de data scientists et de coachs comportementaux. Le but : non pas seulement traiter les maladies, mais les anticiper. Le centre propose ainsi des bilans complets, des programmes nutritionnels, des protocoles de sommeil et des exercices cognitifs, en s'appuyant sur les sciences comportementales pour aider les patients à adopter des habitudes saines sur le long terme.

La journaliste Corinne Bouchouchi, qui a rencontré Emelien en février 2026 pour ce portrait, décrit un établissement où le luxe se veut discret, à l'image de son fondateur. Les techniques de pointe y côtoient une approche douce du corps et de l'esprit, dans un décor élégant qui évoque plus un club privé qu'une clinique traditionnelle.

Un virage lucratif dans un secteur en plein boom

Le marché de l'anti-âge est en pleine expansion. Dans le monde, les start-up de la longévité attirent des investissements massifs, et en France des cliniques privées fleurissent dans les beaux quartiers, proposant des abonnements à plusieurs milliers d'euros par an. Zoï s'inscrit dans cette tendance avec un positionnement résolument haut de gamme.

La reconversion d'Ismaël Emelien illustre un phénomène plus large : celui des anciens conseillers politiques qui se tournent vers des activités très rentables. Après avoir servi l'intérêt général, ils se consacrent à l'optimisation du capital santé des privilégiés. Un paradoxe qui n'a pas échappé aux observateurs, mais que le principal intéressé assume pleinement, convaincu que la santé préventive est l'un des grands enjeux du siècle.

Le parcours d'Emelien, de l'Élysée à Zoï, témoigne d'une époque où la politique, la technologie et la médecine se croisent de plus en plus. Reste à savoir si cette médecine de pointe, réservée à une élite, parviendra un jour à se démocratiser. Pour l'heure, elle semble plutôt un refuge pour happy few, loin des préoccupations du grand public.

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