Dépistage génétique : l’Académie de médecine veut l’ouvrir à tous les couples
Dépistage génétique : l’Académie de médecine veut l’ouvrir

L’Académie nationale de médecine a publié le 10 juillet 2026 un avis recommandant d’ouvrir l’accès au dépistage génétique préconceptionnel à tous les couples, y compris ceux sans antécédents familiaux de maladies génétiques. Cette mesure vise à réduire l’incidence de pathologies graves chez l’enfant à naître.

Un élargissement justifié par la prévalence des maladies récessives

Actuellement, ce dépistage est réservé aux couples présentant un risque connu, comme des antécédents familiaux ou une consanguinité. L’Académie estime que cette restriction est trop limitée, car environ 2 % des couples sans facteur de risque apparent sont porteurs d’une mutation génétique récessive pouvant entraîner une maladie sévère chez l’enfant. Selon le professeur Jean-François Mattei, membre de l’Académie, « la fréquence des maladies génétiques récessives est sous-estimée, et un dépistage élargi permettrait d’éviter des naissances d’enfants atteints de pathologies lourdes comme la mucoviscidose ou l’amyotrophie spinale ».

Un test simple et peu coûteux

Le dépistage préconceptionnel consiste en une analyse de sang ou de salive des deux membres du couple, à la recherche de mutations sur un panel de gènes responsables de maladies graves. L’Académie recommande un test portant sur une centaine de gènes, ciblant des pathologies pour lesquelles une prévention ou un traitement existe. Le coût estimé est d’environ 500 euros par couple, ce qui, selon l’institution, serait rentable à long terme pour le système de santé.

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Un encadrement éthique et médical strict

L’avis insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique et génétique avant et après le test. Les résultats doivent être délivrés par un médecin généticien, et les couples doivent être informés des options possibles en cas de risque élevé : procréation médicalement assistée avec diagnostic préimplantatoire, don de gamètes, ou recours à l’adoption. L’Académie exclut toute pression à l’interruption médicale de grossesse, laissant le choix éclairé aux parents.

Des enjeux de santé publique et de société

Cette recommandation s’inscrit dans une tendance internationale : plusieurs pays, comme les États-Unis ou Israël, proposent déjà un dépistage élargi. En France, le débat reste vif entre partisans de la prévention et craintes d’une dérive eugéniste. L’Académie de médecine souligne que son objectif est uniquement médical : « Il ne s’agit pas de sélectionner les enfants, mais d’éviter des souffrances évitables », précise le professeur Mattei. Le gouvernement n’a pas encore répondu à cette recommandation, mais un groupe de travail interministériel devrait être mis en place pour évaluer sa faisabilité.

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