Dépistage du cancer au Pays basque : des chiffres encourageants mais insuffisants
Bien que meilleure comparée au reste de l'hexagone, la pratique du dépistage sur le Pays basque demeure insuffisante pour prévenir efficacement les cancers. Le constat des professionnels de santé est sans appel : près de la moitié des cancers ont des causes évitables. « Éteignez votre cigarette, posez votre verre. On est là pour vous aider », insiste le Dr Alexandre Leroy, médecin coordonnateur des soins oncologiques de support au Centre hospitalier de la Côte basque.
Une hygiène de vie essentielle mais le dépistage crucial
Une bonne hygiène de vie constitue la première arme dans la lutte contre le cancer, mais elle doit impérativement s'accompagner d'un autre levier indispensable : le dépistage systématique. Selon Florence Perrin, responsable du pôle Santé publique à la délégation Pyrénées-Atlantiques de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, « 55 % des femmes éligibles pratiquent le dépistage du cancer du sein au Pays basque ». La proportion atteint 67 % pour le cancer du col de l'utérus et seulement 30,4 % pour le cancer colorectal.
Ces niveaux, bien que plus élevés que ceux enregistrés en Nouvelle-Aquitaine, restent insuffisants selon le Dr Thomas Greletty, chef de service oncologie médicale au CHCB. « Plus tôt la maladie est repérée, plus les chances d'obtenir une rémission sont élevées. Nous pouvons faire tous les progrès possibles dans la recherche, cette vérité restera immuable », affirme le médecin, qui lance un appel pressant à la population pour se faire dépister régulièrement.
La vaccination HPV : un espoir immense mais des réticences persistantes
L'appel est relayé avec force par Alice Vernhes, responsable Prévention et développement à la Ligue contre le cancer. L'association se trouve en première ligne pour lever les tabous qui entourent le dépistage, particulièrement celui du cancer colorectal. « Ce n'est pas toujours facile de mobiliser. Il faut déborder d'imagination », confie-t-elle, évoquant notamment le colon gonflable qui sera installé en mars à Baigorri, Mauléon et Anglet pour sensibiliser le public.
Un autre tabou persiste : la vaccination contre le HPV (papillomavirus humain), administrée aux jeunes à partir de 11 ans. La campagne de vaccination gratuite lancée par l'ARS dans les collèges ne rencontre pas toujours l'adhésion espérée. Pourtant, l'espoir porté par ce vaccin est immense. « C'est le seul vaccin qui lutte contre le cancer », rappelle Sophie Gheck, soulignant que l'Australie a réussi, en seulement 20 ans, à éradiquer quasiment le cancer du col de l'utérus grâce à une politique vaccinale ambitieuse.
Une mobilisation collective indispensable
Les professionnels de santé du Pays basque insistent sur l'importance d'une approche globale :
- Amélioration continue des taux de dépistage pour tous les cancers
- Levée des tabous entourant les examens préventifs
- Développement de campagnes de sensibilisation innovantes
- Promotion active de la vaccination HPV auprès des jeunes
- Renforcement de l'information sur les modes de vie préventifs
Malgré des résultats supérieurs à la moyenne nationale, le chemin reste long pour atteindre une prévention optimale des cancers dans la région. La combinaison d'une hygiène de vie rigoureuse, d'un dépistage régulier et d'une vaccination appropriée constitue la stratégie la plus efficace pour réduire l'incidence de ces maladies.



