L'infirmière héraultaise Fabienne Sicot-Personnic s'est envolée ce samedi 20 juin vers le Pakistan pour tenter un nouvel exploit : enchaîner les ascensions des Gasherbrum 1 (8 080 m) et Gasherbrum 2 (8 035 m), respectivement 11e et 13e sommets les plus hauts du monde. Trois ans après avoir conquis l'Everest et deux ans après le Manaslu, elle vise ce double défi technique, considéré comme l'un des plus difficiles de l'Himalaya.
Un défi technique et rare
Les Gasherbrum sont réputés pour leur difficulté. « Ils sont considérés comme les 3e et 6e ascensions au-delà de 8 000 mètres les plus techniques. Le Gasherbrum 1 est même appelé le petit K2 », explique Fabienne Sicot-Personnic. Moins de dix Français ont réussi cet enchaînement. L'alpiniste cherchait à fuir les expéditions commerciales et à découvrir la région sauvage du Karakoram, à la frontière entre le Pakistan et la Chine.
Une course contre la montre et son corps
Fabienne Sicot-Personnic cumule deux pathologies : la maladie des os de verre et la spondylarthrite ankylosante. « Après le Manaslu, plusieurs poussées se sont enchaînées. On a dû revoir le dosage des traitements de fond et je suis arrivé au maximum. La prochaine étape, c'est l'injection de chimiothérapie », confie-t-elle, une larme au coin de l'œil. Pour maximiser ses chances, elle a suivi une préparation intense : quatre séances de musculation par semaine, deux d'escalade et des séances en hypoxie au Creps de Montpellier simulant l'altitude de 5 000 mètres.
Des moments suspendus comme moteur
Son objectif n'est pas seulement d'accumuler les sommets, mais de vivre des instants magiques, comme ce lever de soleil sur le Manaslu. « J'aime capter ces moments suspendus. Ils seront gravés à vie dans mon esprit », sourit-elle. Après trois à quatre semaines d'acclimatation, elle enchaînera les deux sommets, avec un choix stratégique entre redescendre au camp 1 ou passer par l'arête à près de 8 000 mètres. « C'est à la fois mon état de forme et les conditions météorologiques qui décideront », précise-t-elle.
Un budget conséquent et une détermination sans faille
L'expédition coûte plus de 75 000 €. Malgré son quotidien d'infirmière au CHU de Montpellier et sa préparation intense, elle a multiplié les rendez-vous pour trouver partenaires et mécènes. Le budget n'était pas encore bouclé au moment du départ, mais rien ne l'arrêtera. Interrogée sur l'après Gasherbrum, elle envisage déjà d'autres sommets : « Qui sait, si un lever de soleil ne va pas guider mon regard vers le K2 ou le Broad Peak ».



