Le crash mortel d'un avion de parachutisme près de Nancy, survenu ce dimanche 28 juin, a coûté la vie à onze personnes. Alors que l'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l'accident, les instructeurs des aéroclubs redoublent de vigilance en cette période de canicule. Selon eux, plusieurs facteurs peuvent mener à un tel drame.
Portance et chaleur : un cocktail dangereux
« À cause de la chaleur, l'air devient moins dense et la portance se réduit. Avec une masse maximale au décollage, la sustentation de l'appareil peut faire défaut, et l'avion tombe à la verticale », explique un instructeur d'un aéroclub de Camargue. Selon lui, l'appareil ne peut alors pas se maintenir en altitude et le pilote doit accepter de se poser en urgence. « Il faut accepter de rendre la main et pousser le manche vers l'avant. Ça peut endommager l'avion lors de l'atterrissage, mais ça peut éviter des drames. »
Christian, instructeur à l'aéroclub de Béziers, complète : « Surtout, il ne faut jamais essayer de faire demi-tour. Il faut chercher à se poser dans l'axe et conserver une vitesse maximale, ce qui va permettre de planer. » Avec ces fortes chaleurs, les moniteurs ont pour consigne d'utiliser toute la longueur de la piste pour le décollage. « Cela demande de monter aussi beaucoup moins vite. Ce sont des choses qu'on apprend : comment se mettre dans une position pour récupérer l'avion dans une situation compliquée », rappelle l'instructeur de Camargue.
L'état de l'avion… et du pilote
Les instructeurs veillent également à l'inspection minutieuse de l'appareil pour éviter la panne moteur, principal problème qui peut se présenter lors du décollage. « D'où l'importance de la visite prévol, car la mécanique subit elle aussi l'effet de la chaleur. »
Autre facteur qui pourrait influencer la stabilité de l'avion : la répartition des poids. « Si des personnes se mettent devant, derrière, et bougent, vous modifiez le centre de gravité de l'avion. Il faut être rigoureux sur un Pilatus (ndlr : le modèle de l'avion qui s'est écrasé à Nancy). Une fois que vous êtes installé, il faut s'y tenir. En fait, c'est comme une voiture : il faut inspecter votre véhicule et bien vérifier la charge qu'il peut porter pour éviter les problèmes. »
Enfin, au-delà de la machine, l'état du pilote est essentiel, car c'est sur lui que reposent les manœuvres, le contrôle de l'engin et l'adaptation à l'environnement durant le vol. « Il faut que le pilote se sente en bonne santé et soit en forme. Avec la chaleur, l'attention du pilote peut diminuer. »
L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du crash d'avion près de Nancy.



