Près de deux ans après la révélation de son cancer, le roi Charles III a annoncé une "bonne nouvelle" dans sa lutte contre la maladie, qui lui permettra de suivre "un programme de traitement réduit" en 2026. Cette annonce a été faite dans un message télévisé pré-enregistré de six minutes, diffusé dans le cadre d’une émission de la télévision publique Channel 4 visant à encourager la prévention du cancer et à collecter des dons pour la recherche.
Un tournant personnel et médical
Le souverain de 77 ans a qualifié ce progrès de "tournant" et de "bénédiction", soulignant qu'il illustre "les avancées remarquables réalisées dans le traitement du cancer ces dernières années". Il espère que son expérience donnera du courage aux nombreuses personnes confrontées à cette maladie. "Ce tournant est à la fois une bénédiction personnelle et l’illustration des avancées remarquables réalisées dans le traitement du cancer ces dernières années. Une illustration qui j’espère donnera du courage aux 50 % d’entre nous qui seront diagnostiqués avec cette maladie à un moment de notre vie", a-t-il déclaré.
Appel au dépistage
Charles III a également encouragé les Britanniques à effectuer des tests de dépistage le plus tôt possible, insistant sur l'importance du diagnostic précoce. Il s'est dit "profondément troublé" d'apprendre qu'au moins neuf millions de personnes au Royaume-Uni ne font pas les tests proposés. "C’est au moins neuf millions d’occasions ratées d’obtenir un diagnostic précoce", a-t-il ajouté, avant de conclure : "Un dépistage sauve des vies, tout simplement."
Réactions politiques
Le Premier ministre Keir Starmer s'est félicité sur X de ce "puissant message" et a exprimé sa joie que le traitement du roi soit réduit l'an prochain. "Je sais que je parle pour le pays tout entier en disant que je suis heureux que son traitement contre le cancer soit réduit l’an prochain", a-t-il estimé.
Fin d'un tabou
Le roi, qui avait annoncé le 5 février 2024 souffrir d'un cancer sans en révéler la nature, n'a pas donné plus d'indications vendredi. Dans son message, il a cité à deux reprises le cancer de l'intestin, mais des sources royales ont précisé qu'il ne fallait y voir aucun lien personnel avec sa maladie. Cette annonce avait mis fin à un tabou : historiquement, les monarques restaient muets sur leur état de santé. Le mois suivant, la princesse Kate avait elle aussi annoncé être atteinte d'un cancer, avant de déclarer en janvier 2025 être en rémission.
Parcours médical du roi
En février 2024, le palais avait précisé que Charles avait entamé un programme de traitements réguliers, renonçant aux événements publics mais continuant à travailler chez lui. En avril 2024, il renouait avec les sorties en se rendant dans un centre londonien de traitement du cancer, accompagné de la reine Camilla. Ses médecins s'étaient alors dit "très encouragés par ses progrès". En mars 2025, le roi avait été brièvement admis à l'hôpital après avoir ressenti des effets secondaires de son traitement, un épisode qualifié de "petit accroc". En mai, interrogé par une fleuriste sur sa santé, il avait répondu d'un pouce levé : "J’aimerais croire que je tiens le bon bout".
Engagement public
Ces derniers mois, Charles a enchaîné les cérémonies, recevant Donald Trump pour une visite d'État, et effectué des déplacements au Royaume-Uni, au Canada et au Vatican. Il semble déterminé à communiquer sur son expérience face à la maladie et à remercier le personnel médical. Un diagnostic de cancer est "impressionnant et parfois effrayant", écrivait-il en avril dans une lettre de remerciements. Vendredi, il a répété qu'un tel diagnostic pouvait être "accablant".



