Canicules : de 2003 à 2026, chronique de l'inaction de l'État par un médecin
Canicules : 2003-2026, l'inaction de l'État racontée par un médecin

Alors que la France s'apprête à connaître une nouvelle canicule en 2026, un médecin, connu pour son franc-parler, dresse un constat sévère de l'inaction de l'État depuis la canicule meurtrière de 2003. Dans un article publié par Libération, le praticien, qui se décrit comme « un salaud de toubib », dénonce le manque de préparation et de moyens alloués à la prévention des risques liés aux fortes chaleurs.

Un bilan humain lourd et des promesses non tenues

La canicule de 2003 avait causé la mort de près de 15 000 personnes en France, un chiffre qui aurait dû être un électrochoc pour les pouvoirs publics. Pourtant, vingt-trois ans plus tard, le médecin estime que les mesures prises sont insuffisantes. « On a créé des plans canicule, des numéros verts, mais le fond du problème reste entier : on n'a pas investi dans la prévention structurelle », écrit-il. Il rappelle que les personnes âgées, les isolés et les travailleurs exposés à la chaleur sont toujours aussi vulnérables.

Des mesures jugées cosmétiques

Le médecin critique notamment le Plan national canicule, mis en place après 2003, qu'il qualifie de « rustine » sur un système défaillant. « Les Ehpad manquent de personnel pour hydrater les résidents, les logements sociaux ne sont pas équipés de climatisation ou de protections solaires, et les services d'urgence sont saturés dès les premiers pics de chaleur », détaille-t-il. Selon lui, les pouvoirs publics se contentent de mesures cosmétiques sans s'attaquer aux causes profondes : l'urbanisme, l'isolation des bâtiments et la précarité énergétique.

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Un appel à une véritable politique de prévention

Face à la multiplication des épisodes caniculaires, le médecin appelle à une refonte en profondeur des politiques de santé publique. « Il faut former les soignants, adapter les bâtiments, créer des îlots de fraîcheur dans les villes et surtout, prendre au sérieux le réchauffement climatique », insiste-t-il. Il déplore que les rapports du Giec et des agences sanitaires restent lettre morte. « On sait ce qu'il faut faire, mais on ne le fait pas. C'est un scandale sanitaire », conclut-il.

Des chiffres alarmants pour 2026

Selon les projections de Météo-France, la canicule de 2026 pourrait être plus intense que celle de 2003, avec des températures dépassant les 45°C dans certaines régions. Le médecin rappelle que les personnes les plus fragiles, notamment les plus de 75 ans, représentent 80 % des décès liés à la chaleur. « Sans mesures urgentes, le bilan pourrait être encore plus lourd », prévient-il.

Un cri d'alarme partagé par les professionnels de santé

Le témoignage de ce médecin rejoint les préoccupations de nombreux professionnels de santé. L'Ordre des médecins et plusieurs syndicats de soignants ont récemment alerté sur le manque de moyens dans les services d'urgence et les Ehpad face aux vagues de chaleur. « Nous sommes en première ligne, mais nous manquons de tout : de personnel, de matériel, de structures adaptées », confie un urgentiste interrogé par Libération.

Alors que la France se prépare à affronter une nouvelle canicule, le constat est amer : malgré les leçons du passé, l'État n'a pas pris la mesure du défi climatique. Le médecin conclut son article par un appel à la responsabilité collective : « Il est temps d'agir, avant qu'il ne soit trop tard. »

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