À la Maison du don de Montpellier, l’affluence est au plus bas. Ce lundi 6 juillet, à 14 h 30, seules deux personnes occupaient un lit. « C’est assez symptomatique de ce qu’on vit en ce moment. Dans l’Hérault, on collecte environ 150 poches par jour, alors que nos besoins s’élèvent à 200 », déplore Lucie Dumoulin, développeuse de territoires bassin Languedoc à l’Établissement français du sang (EFS).
Des collectes annulées à cause de la chaleur
Les canicules précoces sont en cause. « On est parfois contraints de fermer des points de collecte. Certaines salles n’ont pas de climatisation, or, au-delà de la question du confort pour nos employés et nos donneurs, il faut respecter une certaine température pour conserver le sang », explique Lucie Dumoulin. Depuis le début du mois de juillet, deux points de collecte ont déjà été fermés, entraînant une perte de plus de 60 poches de sang.
La chaleur dissuade également les déplacements. Pourtant, donner son sang ne présente pas de risque supplémentaire. « On ne note pas plus d’incidents qu’en temps normal. Et on insiste bien pour que nos équipes veillent à ce que les donneurs s’hydratent davantage, c’est très important pour la récupération », rassure Lucie Dumoulin.
L’EFS mise sur la communication et le plasma
Pour contrer la pénurie, l’EFS veut construire davantage de maisons du don à l’échelle nationale et remplir tous ses créneaux. Elle mise sur la communication et n’hésite pas à appeler ses donneurs. Laurène, 40 ans, médecin en réanimation natale au CHU de Montpellier, a été contactée il y a trois jours. Elle est venue pour un don de plasma. « Ce n’est pas douloureux et ça sauve concrètement des vies. Rien qu’hier, j’ai traité un nouveau-né victime d’un saignement aigu, une transfusion de plasma l’a complètement transformé. »
L’EFS met l’accent sur le don de plasma. « La France n’est pas autosuffisante en plasma. On dépend des États-Unis. Eux, rémunèrent leurs donneurs et leur permettent de faire des dons tous les trois jours. Un Américain peut se faire un salaire en donnant son plasma », dénonce Lucie Dumoulin.
Un geste qui sauve trois vies
Maxime, 23 ans, entrepreneur, donne son sang tous les deux mois depuis ses 18 ans. C’est sa grand-mère qui l’a encouragé. « Elle avait le cancer et recevait des transfusions de plasma. Elle-même était donneuse auparavant, alors me sachant en bonne santé, elle m’a encouragé à aller donner mon sang. J’ai vu que ça ne prenait pas beaucoup de temps et que c’était très important. C’est ce qui lui a permis de vaincre son cancer. »
Le processus est simple : à l’arrivée, cinq minutes pour répondre à un questionnaire, une dizaine de minutes d’entretien avec un médecin, puis un prélèvement de moins de dix minutes, suivi d’une collation sous surveillance. « En tout, c’est une petite heure de votre temps qui sauvera trois vies. Votre sang sera transfusé à trois personnes dans les quinze jours qui suivent votre don », rappelle Lucie Dumoulin.
Infos pratiques
Critères d’éligibilité : avoir entre 18 et 70 ans, peser plus de 50 kg, être en bonne santé. Un test d’éligibilité est disponible sur le site de l’EFS.
Dates et points de collecte à Montpellier cet été :
- 11 juillet : place Max Rouquette
- 15 juillet : Maison des Relations Internationales
- 3 août : Arc de Triomphe
- 8 août : place Max Rouquette
- 26 août : Maison des Relations Internationales
- 28 août : Arc de Triomphe



