Canicule : médicaments à risque, l'ANSM alerte sur la déshydratation
Canicule : médicaments dangereux, l'ANSM alerte

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié ce jeudi une alerte concernant les risques majeurs liés à l'utilisation de certains médicaments en période de canicule. Diurétiques, antidépresseurs, antipsychotiques et autres traitements peuvent aggraver la déshydratation, augmenter la température corporelle ou perturber le fonctionnement des reins. Pour mieux évaluer cet enjeu, le Centre régional de pharmacovigilance (CRPV) de Toulouse lancera en 2027 une étude inédite sur les hospitalisations liées à ces effets indésirables.

Les médicaments qui accentuent les risques

Certains médicaments peuvent exacerber les effets des températures élevées sur l'organisme. Les diurétiques, laxatifs et certains antiépileptiques accentuent la déshydratation. Les antidépresseurs, antipsychotiques et antiparkinsoniens peuvent augmenter la température du corps. Les anti-inflammatoires et certains antidiabétiques perturbent le fonctionnement des reins. Par ailleurs, des neuroleptiques, antimigraineux et opiacés favorisent les chutes de tension ou la somnolence, ce qui peut conduire à oublier de boire suffisamment.

Déshydratation et élimination des médicaments

Lors de fortes chaleurs, le corps peut perdre plusieurs litres d'eau par jour. La déshydratation gêne l'élimination des médicaments par l'organisme, ce qui peut entraîner une accumulation toxique. La transpiration peut également modifier l'effet des médicaments sous forme de patchs. Pour les diabétiques, les bandelettes d'autosurveillance de la glycémie risquent de perdre en efficacité avec la chaleur.

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Médicaments photosensibilisants : attention au soleil

Les médicaments dits photosensibilisants, comme certains traitements contre l'acné, le cancer, l'inflammation, les infections, l'allergie, l'excès de cholestérol et certains psychotropes, peuvent provoquer des réactions cutanées lors d'une exposition au soleil : démangeaisons, rougeurs ou inflammation. L'ANSM recommande d'éviter toute exposition solaire pendant le traitement. Si l'exposition est inévitable, il faut appliquer une crème solaire à haute protection et se couvrir. Une vigilance particulière est nécessaire avec les gels à base de kétoprofène, un anti-inflammatoire utilisé pour les tendinites, douleurs dorsales, arthrose ou entorses. Même après l'arrêt du traitement, la zone traitée doit être couverte pendant deux semaines.

Stockage des médicaments en période de canicule

La plupart des médicaments se conservent à température ambiante, mais en cas de forte chaleur, il est conseillé de les placer dans la pièce la plus fraîche et de les transporter dans un emballage isotherme. Il faut éviter de les exposer directement au soleil. Les traitements nécessitant une conservation entre 2 et 8°C, comme l'insuline ou les vaccins, doivent être utilisés rapidement après sortie du réfrigérateur. Pour le transport, un emballage isotherme réfrigéré avec pains réfrigérants est recommandé. L'ANSM précise qu'aucun décès ou hospitalisation n'a été signalé en France en raison d'une conservation inadaptée lors des canicules.

Vers une meilleure évaluation des risques

Romain Barus, du Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse, explique qu'il n'existe pas d'essai clinique spécifique pour la résistance à la chaleur des médicaments, mais que tous subissent des études de stabilité avant mise sur le marché pour vérifier la dégradation du principe actif en cas de fortes températures. Dès l'année prochaine, le CRPV de Toulouse analysera les hospitalisations et décès potentiellement liés à des effets indésirables favorisés par la canicule, en croisant les données de l'Assurance maladie et les données météorologiques. Ce projet de pharmaco-épidémiologie vise à quantifier le niveau de risque et à identifier les patients les plus vulnérables.

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