Canicule : les hôpitaux font face mais craignent un afflux de patients
Canicule : hôpitaux en alerte, afflux de patients attendu

Alors que la canicule s'installe sur la France, les hôpitaux font face à une augmentation significative des appels au Samu et des passages aux urgences, mais les professionnels de santé redoutent un afflux plus massif dans les prochains jours. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué ce lundi 22 juin une hausse de "+ 20 % à + 30 % d'appels supplémentaires au Samu", tandis que le Pr Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et membre du conseil d'administration du syndicat Samu-Urgences de France (SUDF), évoque plutôt "+ 30 % à 40 %".

Une hausse des passages aux urgences encore maîtrisée

Les passages aux urgences connaissent une augmentation de "+ 10 % à + 20 %", mais pour l'instant, ils "tiennent", selon le Pr Soulat. Cependant, il prévient : "Au début l'organisme encaisse", mais mardi ou mercredi, "il y aura plus de décompensations psychiatriques, de problèmes de diabète, d'insuffisance cardiaque, d'insuffisants rénaux…", sans oublier la hausse des noyades.

Dans certaines régions, l'impact reste limité. Le CHU de Toulouse rapporte que dimanche, les appels au Samu ont augmenté de 9 %, ce qui est "habituel en juin". Ce lundi, le constat est similaire : "pas d'impact canicule sur les appels au Samu et pas d'impact sur la fréquentation des urgences", malgré des températures atteignant 39°C à Toulouse, 35°C à Montpellier et 37°C à Nîmes.

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Les CHU de Montpellier et Nîmes se préparent

Le CHU de Montpellier confie à Midi Libre : "Même si les passages aux urgences sont élevés en cette période, la canicule n'a pas d'impact pour l'instant aux urgences." De son côté, le CHU de Nîmes se dit prêt : "On est prêt", affirme-t-il, après avoir activé le premier niveau du plan "Hôpital en tension". Les premiers patients victimes d'un coup de chaleur se sont déjà présentés aux urgences.

L'hôpital rappelle les consignes essentielles : "Hydratez-vous régulièrement, même sans soif, évitez les efforts physiques intenses aux heures les plus chaudes, maintenez votre logement frais en fermant volets et fenêtres la journée, et rafraîchissez-vous le corps plusieurs fois par jour." Il insiste sur la vigilance envers les personnes vulnérables : "Veillez particulièrement sur les personnes âgées, les nourrissons, les malades chroniques, et appelez le 15 en cas de signes de coup de chaleur, maux de tête, nausées, crampes, confusion."

Polémique sur l'adaptation des hôpitaux à la chaleur

Une polémique émerge concernant l'adaptation des hôpitaux aux températures extrêmes, après que Le Figaro a révélé que le futur CHU de Nantes sera construit sans climatisation. Le secrétaire général de la CGT de l'établissement s'inquiète : "Dans le contexte environnemental qui est le nôtre, on devrait avoir la clim partout."

Le CHU de Nîmes souligne que 80 % de ses bâtiments sont climatisés, et 99 % du site Carémeau, le plus moderne. À Montpellier, des patients suffoquent dans les chambres chaque été, alors qu'un plan de rénovation est en cours. En août 2023, un couple était même arrivé à la maternité avec sa climatisation portable.

Des hôpitaux "passoires thermiques"

Pierre Renard, délégué CGT, rappelle que la situation perdure : "Lors de l'épisode caniculaire de mai, il faisait 30°C en cardiologie, en pédiatrie et à la maternité, ça fait dix ans qu'on alerte." Il nuance : "Je n'ai pas de doutes sur le fait que c'est une préoccupation." Il cite une étude de la Drees et de la FHF montrant que "60 % des hôpitaux français sont des passoires thermiques". La future maternité du CHU, prévue pour 2031, devrait être climatisée, mais il s'interroge : "Quels seront les arbitrages financiers dans un contexte de désengagement de l'État ?" En attendant, "il faut s'organiser".

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