Canicule : les écoles se délocalisent pour trouver de l'air frais
Canicule : écoles se délocalisent pour trouver de l'air frais

Alors que la France connaît des épisodes de canicule de plus en plus fréquents et intenses, certaines écoles n'hésitent plus à délocaliser leurs cours dans des lieux climatisés comme des salles de concert, des stades de rugby ou des hôtels. Cette solution, bien que temporaire, permet de maintenir les apprentissages dans des conditions acceptables pour les élèves et les enseignants.

Des solutions de repli coûteuses mais nécessaires

À Bordeaux, l'école élémentaire Saint-Genès a loué une salle de concert climatisée pour accueillir ses 250 élèves lors des jours de forte chaleur. Le coût de cette opération s'élève à 3 000 euros par jour, pris en charge par la mairie. « C'est une dépense importante, mais la santé des enfants est une priorité », explique le maire Pierre Hurmic. De son côté, un collège de Toulouse a utilisé un stade de rugby couvert et climatisé pour ses classes de 6e, tandis qu'un lycée de Lyon a négocié des tarifs préférentiels dans un hôtel proche.

Un phénomène en expansion

Selon une enquête du ministère de l'Éducation nationale, environ 5 % des établissements scolaires ont eu recours à ce type de délocalisation lors de la canicule de juin 2024, contre 2 % l'année précédente. « Nous observons une tendance à la hausse, car les écoles ne sont pas toutes équipées de systèmes de climatisation efficaces », souligne un porte-parole du ministère. Les régions les plus touchées sont l'Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Nouvelle-Aquitaine.

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Des défis logistiques et pédagogiques

Ces délocalisations ne sont pas sans poser des problèmes. Les transports des élèves vers ces lieux extérieurs nécessitent une organisation supplémentaire, et l'adaptation des programmes dans un environnement inhabituel peut être difficile. « Les enseignants doivent faire preuve de créativité pour maintenir l'attention des élèves dans un cadre qui n'est pas conçu pour l'enseignement », témoigne Sophie Marceau, directrice d'école à Montpellier. De plus, ces solutions ne sont pas accessibles à toutes les communes, en raison de leur coût élevé.

Vers une adaptation durable des bâtiments scolaires

Face à cette situation, plusieurs collectivités locales investissent dans la rénovation thermique des écoles. La ville de Paris a ainsi budgété 100 millions d'euros sur cinq ans pour isoler et climatiser ses établissements scolaires. « Il est urgent de préparer nos écoles aux canicules à venir », insiste Anne Hidalgo, maire de Paris. D'autres villes, comme Strasbourg, misent sur des solutions naturelles comme la végétalisation des cours et l'installation de brumisateurs.

En attendant, les délocalisations restent une solution d'urgence. « C'est un pansement sur une jambe de bois, mais cela permet de passer le cap », conclut un syndicat enseignant. La question de l'adaptation des écoles au réchauffement climatique est désormais au cœur des débats éducatifs et politiques.

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