Canicule : 50% du parc immobilier français inadapté aux fortes chaleurs
Canicule : 50% des bâtiments inadaptés aux fortes chaleurs

Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur précoce, une étude alarmante révèle que 50% du parc de bâtiments du pays n'est pas adapté aux épisodes de fortes températures. Cette situation expose des millions de personnes à des risques sanitaires et à un inconfort majeur, en particulier dans les logements sociaux et les bâtiments anciens.

Un constat inquiétant pour l'habitat français

L'étude, menée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et publiée ce jeudi, montre que sur l'ensemble des résidences principales, mais aussi des bureaux et des commerces, la moitié ne dispose pas de protections solaires efficaces, d'une isolation thermique adaptée ou de systèmes de ventilation suffisants. Les logements les plus touchés sont ceux construits avant les premières réglementations thermiques, notamment dans les zones urbaines denses.

Les conséquences sont multiples :

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  • Augmentation des risques de coup de chaleur et de déshydratation, surtout chez les personnes âgées et les enfants.
  • Dégradation de la qualité de l'air intérieur en raison d'une ventilation insuffisante.
  • Surconsommation électrique due à l'utilisation massive de climatiseurs, aggravant l'effet d'îlot de chaleur urbain.

Des solutions existent, mais insuffisamment déployées

Pour faire face à ce défi, les experts préconisent plusieurs actions. « Il est urgent d'investir dans la rénovation thermique des bâtiments, en priorisant l'isolation des toitures et des murs, l'installation de stores extérieurs et de brise-soleil, ainsi que le développement de la ventilation naturelle », explique Marie Dupont, chercheuse au CSTB. Des dispositifs comme les toitures végétalisées, les revêtements réfléchissants ou les puits canadiens sont également cités comme des solutions efficaces.

Le gouvernement a déjà mis en place des aides comme MaPrimeRénov', mais leur accès reste complexe pour les ménages les plus modestes. Par ailleurs, la réglementation environnementale RE2020, entrée en vigueur en 2022, impose des normes plus strictes pour les constructions neuves, mais ne concerne pas le parc existant.

Un enjeu de santé publique et de justice sociale

Au-delà du confort, l'adaptation des bâtiments aux vagues de chaleur est un enjeu de santé publique. Avec le changement climatique, les épisodes caniculaires seront plus fréquents et intenses. Les populations les plus vulnérables, qui vivent souvent dans des logements mal isolés, sont les premières victimes. Des associations réclament un plan d'urgence pour accélérer la rénovation thermique des logements sociaux et des copropriétés dégradées.

En attendant, des gestes simples peuvent améliorer le quotidien : fermer les volets le jour, aérer la nuit, utiliser des ventilateurs et limiter l'usage des appareils électriques. Mais ces mesures ne suffiront pas à compenser le retard accumulé. « Nous devons repenser notre façon de construire et de rénover, en intégrant dès la conception les défis du climat de demain », conclut Marie Dupont.

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