Le docteur Claude-Alain Planchon, spécialiste en médecine nucléaire et en cancérologie clinique, vient de terminer sa dernière œuvre : la pièce de théâtre intitulée « Le balcon de Mougins ». Ce médecin écrivain, rescapé d'un cancer de stade IV, ajoute une nouvelle page à une vie déjà riche.
La vocation chevillée au corps depuis l'âge de cinq ans, Claude-Alain Planchon a exercé la médecine pendant plus de quarante ans. Il est l'auteur de 14 ouvrages et de trois pièces, dont l'intrigue de plusieurs se noue sur notre territoire. Grand-père d'Hippolyte et d'Hannah, père de Justine Planchon, directrice générale du groupe Mediawan, et oncle de Sandrine Planchon, directrice générale de la Fondation des Hôpitaux, il a mené de front une carrière scientifique et littéraire.
Un homme de lettres et de science
Passionné par l'écriture, Claude-Alain Planchon a publié des romans, des thrillers, des policiers, et même un conte pour enfants dont il a offert les droits d'auteur à une association de soutien aux enfants cancéreux. Il a aussi, pendant cinq ans, été journaliste scientifique pour un magazine italien afin de vulgariser des articles médicaux. « J'ai apprécié me confronter à cet exercice, être concis. J'en ai un très bon souvenir car à la fin, j'ai proposé un article artistique sur la vie de Jean Bérain qui faisait les décors des fêtes de Louis XIV. J'aime la musique des mots, le rythme des phrases », confie-t-il.
S'il a passé la majeure partie de sa vie à Paris, Claude-Alain Planchon est tombé amoureux de Saint-Raphaël « pour son sublime environnement mais aussi pour la richesse de son offre culturelle ». Membre de l'association des villas Belle Époque de Saint-Raphaël, il organise des concerts de chambre à la villa « Chantereine » afin de promouvoir les artistes locaux, et a fondé l'association « Ecklectica Musica ».
Le choc du cancer à 39 ans
En 1988, alors qu'il exerce à l'hôpital américain de Paris, ce sportif de haut niveau en natation est rattrapé par la maladie. « Je suis passé de la théorie à la pratique, avec un cancer de stade IV, celui d'où l'on ne revient pas », témoigne-t-il. À 39 ans, il subit une tumeur à la rate et des métastases généralisées. « C'est un protocole d'essai thérapeutique qui m'a sauvé alors que je n'avais plus que deux mois à vivre ».
Cette épreuve transforme son regard. « Ce cancer a été bénéfique car quand j'étais en rémission, j'ai eu conscience que c'était un cadeau de s'en sortir et il fallait que je le rende », explique-t-il. Guidé par cette certitude, il rencontre Selma Schimmel, présidente fondatrice de la plus importante organisation de communication sur le cancer aux États-Unis. Ensemble, ils parcourent le monde pendant cinq ans pour organiser des congrès et répondre aux questions des patients.
Des groupes de parole pionniers
« J'étais l'un des seuls médecins qui osait parler de son cancer. On me demandait comment lutter contre les effets secondaires, la douleur, la fatigue. J'étais bien placé pour comprendre leurs angoisses », poursuit-il. Selma Schimmel lui confie alors la présidence de la branche française de Vital Options International, l'association « Choix Vital : Parole & Cancer ». « J'ai créé les premiers groupes de parole en France. J'étais reconnu comme médecin mais aussi comme malade, comme l'un des leurs. Une grande aventure humaine, les moments les plus poignants », raconte-t-il.
Cette expérience unique, il la raconte dans son livre « Le Cancer maux à mots », qui connaît un succès considérable. Son combat s'étend ensuite à la fin de vie. « Je me suis intéressé à l'aide active à mourir en fin de vie car c'était une question récurrente des patients. On était très en retard sur les services de soins palliatifs et il y a toujours un déficit de moyens et de personnel », regrette-t-il. Membre de la commission des soignants pour le Var dans le cadre de l'association pour le droit à mourir dans la dignité, il salue une avancée : « Notre proposition de loi a été modifiée mais c'est quand même une victoire ».
Une figure locale engagée et sensible
Membre du conseil de développement de l'agglomération et rapporteur de l'atelier santé, Claude-Alain Planchon reste très impliqué dans la vie raphaëloise. Il était aussi l'ami intime de Nicole Croisille. « Nicole a réalisé un travail exemplaire pour les malades atteints du Sida. Grande humaniste, elle est devenue ma meilleure amie au fil des années et avec sa bande d'amis, nous l'avons soutenue jusqu'à sa mort. Ses cendres ont été dispersées à Saint-Raphaël. Les femmes m'ont toujours tiré vers le haut », confie-t-il avec émotion.
Avec « Le balcon de Mougins », Claude-Alain Planchon poursuit une œuvre profondément humaine, nourrie par son expérience de médecin et de patient. Une nouvelle pièce qui, à l'image de son auteur, mêle la gravité à l'élégance de l'écriture.



