Le cancer reste la première cause de mortalité en France, avec plus de 160 000 décès chaque année. Une étude inédite de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée jeudi, révèle que cette maladie n’épargne aucune couche sociale, mais frappe plus durement les plus pauvres. Le type de tumeurs varie selon le niveau de vie, selon ce rapport réalisé à partir d’un croisement des données de l’Assurance maladie et de l’Insee.
Des dépistages trop tardifs chez les plus modestes
Le premier enseignement de l’étude est frappant : les 10 % les plus modestes ont deux fois plus de risques de développer un cancer du poumon, la tumeur la plus fatale en France, que les 10 % les plus aisés. Cette différence s’explique notamment par une exposition plus importante au tabagisme dans les milieux défavorisés. À l’inverse, les cancers du sein et de la prostate sont plus fréquents chez les plus riches, en raison de facteurs de risques comme des grossesses plus tardives ou un recours accru à la contraception orale. Des dépistages plus nombreux chez les plus favorisés pourraient également expliquer ces diagnostics plus fréquents.
Des cancers plus agressifs chez les pauvres
De manière générale, les populations modestes sont plus souvent touchées par des cancers agressifs, associés à des chances de survie plus limitées, et ce même dans leurs jeunes années. Pour les cancers du sein, du côlon ou du col de l’utérus, la probabilité de développer des métastases est ainsi deux fois plus importante chez les plus pauvres. « Les cancers dépistables sont plus souvent diagnostiqués tardivement chez les plus modestes », déplore la Drees.
Les populations en difficulté ont moins souvent recours aux dépistages nationaux, en raison de freins financiers, de leur rapport aux soins ou encore d’un manque d’information, comme le montrait déjà une autre étude de la Drees publiée en février. « Les personnes appartenant aux 10 % les plus modestes présentent ainsi un risque plus de deux fois supérieur de développer un cancer évitable par rapport aux 10 % les plus aisés », conclut le rapport, pointant un maintien des inégalités de santé en France.



