Cancer du pancréas : un nouvel anticorps prometteur pour améliorer la survie
Cancer du pancréas : un anticorps prometteur pour la survie

Le cancer du pancréas est l'un des plus agressifs, potentiellement le deuxième plus mortel d'ici 2030. Mais la recherche avance. Une équipe dirigée par des scientifiques du CNRS, du Centre Léon Bérard, de l'Inserm et de l'Université Claude-Bernard-Lyon-1 a développé un nouvel anticorps capable de bloquer l'un des mécanismes de résistance des cellules cancéreuses. L'objectif est d'améliorer la réponse à la chimiothérapie et d'augmenter la survie des patients atteints d'un cancer du pancréas localement avancé, initialement non opérable. Patrick Mehlen, directeur de recherche au Centre Léon-Bérard, détaille les résultats encourageants de cette nouvelle étude.

Le point de départ : la protéine nétrine

Patrick Mehlen explique que la nétrine est une protéine présente lors du développement embryonnaire, permettant aux cellules de migrer. Une fois adulte, cette protéine disparaît, mais les cellules cancéreuses la réactivent pour migrer vers d'autres tissus et former des métastases. Les chercheurs ont donc développé un anticorps contre la nétrine, appelé NP137. Après des études précliniques, une phase 1 a été réalisée chez une quarantaine de patients atteints de divers cancers avancés, principalement pour tester la toxicité.

Résultats prometteurs

Les résultats ont montré une absence de toxicité. Chez les patients atteints de cancer du pancréas, l'anticorps a bloqué la transition épithélio-mésenchymateuse (EMT), un processus qui permet aux cellules cancéreuses de migrer et de devenir résistantes aux traitements. En combinant l'anticorps avec la chimiothérapie, les chercheurs ont observé une augmentation de la probabilité de chirurgie de 6 à 40 % chez les patients présentant la nétrine. De plus, la progression du cancer a été stoppée en moyenne pendant seize mois, contre neuf mois avec la chimiothérapie seule. La survie moyenne n'a pas encore été atteinte, laissant espérer une amélioration significative.

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Une approche complémentaire

Cette approche est complémentaire aux traitements existants, notamment aux inhibiteurs de KRAS, une protéine mutée dans 90 % des cancers du pancréas. L'anticorps NP137 cible les cellules en transition EMT, renforçant l'efficacité des chimiothérapies et des inhibiteurs de kinase. La prochaine étape consistera à combiner ce traitement avec les inhibiteurs de KRAS, qui deviendront le traitement de référence.

Particularités du cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est particulièrement agressif car il est souvent détecté tardivement : dans 95 % des cas, il est déjà trop avancé pour une chirurgie, seul moyen de vivre longtemps. Les traitements n'ont pas évolué depuis quarante ans, et la mortalité n'a pas diminué. De plus, l'incidence augmente, touchant des personnes de plus en plus jeunes, sans cause clairement identifiée.

Un intérêt croissant pour la recherche

Grâce à une médiatisation accrue et à des financements comme ceux de la Fondation ARC, la recherche sur le cancer du pancréas suscite un engouement. Aux États-Unis, l'association Pancan finance également des études. L'espoir est de transformer ce cancer en maladie chronique, en prolongeant la vie des patients le plus longtemps possible.

Applications futures

Bien que l'étude se concentre sur le pancréas, le processus EMT est présent dans la majorité des cancers. L'anticorps pourrait donc être utilisé comme traitement générique pour éviter les rechutes et prolonger l'efficacité des traitements actuels, notamment pour le cancer du foie, dont les données seront présentées prochainement.

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