Le maire (Rassemblement national) de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a annoncé un plan triennal de 2,2 millions d'euros pour équiper l'ensemble des 150 classes, réfectoires et dortoirs des écoles de la commune en climatisations réversibles, couplé à une rénovation thermique des bâtiments.
Une urgence face à la chaleur
Jeudi 18 juin 2026, aux alentours de midi, le thermomètre affichait 29,2 °C dans une classe de l'école maternelle Renoir. C'est là que Bryan Masson a tenu sa conférence de presse. « Souvent dans nos écoles l'après-midi, quand elles sont situées en plein soleil, les températures peuvent dépasser 35 degrés », s'alarme-t-il. Shaylee, 6 ans, interrogée dans la cour, affirme avoir « trop chaud » et se réjouit d'avoir « de l'air frais dans [sa] classe ». « L'expérience des enfants ne doit pas être traumatisante. J'ai fait le tour des classes. Quand je pose la question aux enfants, aux enseignants, ils dégoulinent dès 9 heures le matin. Ce n'est pas une vie », appuie l'édile.
Une question de santé publique
Face à « ce dérèglement climatique qui transforme la région en un territoire tropical », la municipalité a décidé de réagir. « L'été commence plus tôt, on va devoir s'habituer à vivre comme cela », justifie Bryan Masson, qui élève ce dossier au rang de « question de santé publique ». Il rappelle : « Il est aujourd'hui impensable de refuser aux enfants le confort dont bénéficient les adultes dans les administrations, les hôpitaux ou encore à leur domicile. »
Un investissement de 2,2 millions d'euros
Sur trois ans, 2,2 millions d'euros seront mobilisés pour climatiser l'ensemble des écoles de la commune, incluant les 150 classes, les réfectoires et les dortoirs. Actuellement, 34 classes ne disposent que de simples ventilateurs de plafond, jugés par le maire « inefficaces face aux canicules ». En urgence, 27 climatiseurs mobiles ont été acquis pour soulager les élèves. Le chantier d'installation débutera pendant les congés d'été, avec les écoles maternelles Renoir et des Canebiers en priorité, puis se poursuivra à chaque période de vacances scolaires pendant trois ans.
Un choix technique réversible et écologique
Le choix technique s'est porté sur des climatisations réversibles, capables de rafraîchir l'été et de chauffer l'hiver. « On sort des énergies fossiles », insiste Bryan Masson. À terme, « l'objectif est de remplacer le chauffage au gaz », bien qu'une réflexion doive être menée pour la production d'eau chaude des cantines. La Ville étudie également la possibilité d'installer des panneaux photovoltaïques sur les toits des écoles pour fournir l'électricité nécessaire à ces nouveaux équipements.
Une rénovation thermique préalable
« On ne peut pas installer la climatisation et après changer les fenêtres, ça n'a aucun sens. On rénove d'abord et, dès qu'on a fini la rénovation, on pose la climatisation », indique Bryan Masson. Pour pallier ce qu'il qualifie de « manque d'investissement massif dans les écoles communales ces dernières années », un audit a été lancé. L'enveloppe budgétaire consacrée à cette réfection viendra s'ajouter aux 2,2 millions d'euros du plan climatisation. « Les coûts de rénovation seront affinés école par école, chaque chantier comportant ses propres défis », précise l'élu. À titre d'exemple, les travaux d'isolation thermique de l'école maternelle Renoir ont coûté environ 430 000 euros. La facture s'annonce logiquement plus lourde pour les bâtiments plus grands ou plus anciens, comme les écoles Jules-Ferry ou Gambetta.



