Les docteurs Emmanuel Gascou, urgentiste, et Brigitte Calvet, anesthésiste et chef du pôle Soins critiques, font le point sur les urgences actuelles de l'hôpital de Béziers et les perspectives offertes par le futur bâtiment dont l'ouverture est prévue au second semestre 2017.
Des tensions quotidiennes aux urgences
Interrogée sur les tensions souvent évoquées dans les services d'urgence, Brigitte Calvet précise la situation à Béziers : « Au centre hospitalier de Béziers, être urgentiste, c'est recevoir 110 à 120 patients par jour, avec des pics en cas d'épidémie de 140, voire 180 passages en plein cœur de l'été, avec 17 % d'hospitalisations. C'est 56 000 patients, adultes et enfants par an, dont 16 000 en pédiatrie. C'est donc un très gros service. »
Emmanuel Gascou ajoute que l'équipe compte cinq médecins urgentistes en journée (de 8h30 à 18h30) et trois la nuit, épaulés par des infirmiers, ambulanciers et aides-soignants. « Non seulement nous accueillons les 110 patients par jour, mais aussi nous répondons aux appels du centre 15 avec des sorties Smur sur tout l'ouest Hérault. Deux des cinq urgentistes peuvent partir en Smur, accompagnés par des ambulanciers et des infirmiers », explique-t-il.
Des locaux exigus et vétustes
Interrogé sur l'attente de patients sur des brancards dans les couloirs, Emmanuel Gascou l'explique par « des flux très importants et des locaux exigus, qui sont aussi vétustes. » Il nuancé : « Malgré cela, la prise en charge reste de qualité avec 87 % des patients traités en moins de 4h30 sur l'année, dont 52 % sortis en moins de deux heures. » Il reconnaît des difficultés à mettre en place des filières de soins dédiées pour éviter l'attente dans les couloirs, ce qui « compromet la confidentialité, la dignité, l'intimité. »
Des améliorations en attendant
En attendant les nouvelles urgences, Brigitte Calvet indique que des améliorations ont été mises en place : « un écran d'accueil qui indique le temps d'attente des différentes filières » et « un infirmier régulateur de flux qui coordonne les liaisons entre les différents services. » Ce dernier est l'interlocuteur privilégié des familles, capable de donner le nombre de lits libres à l'instant T, notamment en période d'épidémie.
Des urgences repensées de 400 à 2 000 m²
Le projet architectural des nouvelles urgences, qui passera de 400 à 2 000 m², a été conçu par les médecins et les cadres infirmiers. « C'est le fruit d'une collaboration entre corps médical, soignants et architectes. Il prend en compte les quatre filières nécessaires au bon fonctionnement pour une optimisation du service », souligne Brigitte Calvet.
Quatre filières pour une meilleure prise en charge
Ces quatre filières ou zones, avec des entrées différentes, sont :
- la filière pédiatrie,
- les urgences vitales (adultes et enfants),
- les patients valides (ceux qui se déplacent),
- les patients couchés.
Avec cette structuration, « il n'y aura plus de stockage dans les couloirs mais de l'attente active dans les différentes zones dédiées et surveillées », explique Brigitte Calvet, évoquant le concept de « marche en avant » sur lequel s'est basé le projet. De plus, les urgences adultes et pédiatriques se regroupent au niveau -1, alors qu'actuellement les enfants sont au 3e étage, loin du bloc opératoire, de la radiologie et de la réanimation. « Il n'y aura plus à monter et à descendre sans arrêt », ajoute Emmanuel Gascou.
Un accueil paramédicalisé et de la lumière naturelle
Emmanuel Gascou précise que sera mis en place « un accueil et une orientation paramédicalisée des patients par une infirmière d'accueil et d'orientation (IAO) qui a une expérience et une formation spécifiques. » Enfin, la lumière naturelle a été privilégiée dans tous les locaux pour le confort des patients et du personnel.



