Les interventions de type TOT ou TVT ont révolutionné la prise en charge de l'incontinence urinaire d'effort chez les femmes. Une étude récente évalue la sécurité de cette technique chirurgicale qui continue d'invalider gravement des patientes, par centaines. Deux établissements de santé à Nîmes et Montpellier ont été autorisés en 2025 à les retirer.
Des plaintes classées sans suite
136 femmes avaient porté plainte contre X à partir de 2020, à la suite d'effets invalidants après la pose de bandelettes sous-urétrales contre les fuites urinaires ou la descente d'organes. L'opération avait engendré de graves séquelles, jusqu'au handicap. 111 plaintes ont été classées sans suite le 17 janvier 2025. Le parquet souligne que "chez la plupart des fabricants, la question des effets secondaires et la quasi-irréversibilité des dispositifs n'étaient pas passées sous silence". Le ministère public déclare que "dans la très large majorité des cas, ces dispositifs sont bien supportés et que la pertinence de leur pose n'a pas lieu d'être remise en cause". Un coup de massue pour les plaignantes en souffrance, dont les avocats poseront un recours.
Un dispositif très difficile à retirer
"Sur le groupe de soutien qui a été créé il y a déjà bien longtemps, nous sommes maintenant plus de 1 600 copines de galère", déclare Perrine Jeangirard. Pour en finir avec ses fuites urinaires apparues après une grossesse, cette Montpelliéraine fait le choix en 2019 de se faire poser une bandelette sous-urétrale, qui vise à soutenir l'urètre pour prévenir les fuites. Mais ces dispositifs n'ont pas vocation à être enlevés, leur opération, maîtrisée par une poignée de chirurgiens en France, se révélant très complexe. Les complications qui s'ensuivent l'obligent à envisager un retrait qui ne résoudra rien, ou si peu. En situation d'errance médicale, elle part aux États-Unis afin qu'on lui ôte cette bande de 25 cm, qui a fait de sa vie un enfer. "Cela m'a coûté 17 000 €. Les douleurs se sont estompées mais je suis incontinente", souffle cette patiente qui dit avoir perdu certaines fonctions motrices "malgré la rééducation intensive" et une autonomie, l'empêchant "de s'occuper des enfants, de conduire, d'avoir des relations sexuelles, de marcher…".
Une étude sur les complications
L'espoir d'une vie meilleure a accompagné souvent la pose d'un TVT ou d'un TOT, deux dispositifs semblables utilisés pour traiter l'incontinence urinaire à l'effort (toux, éternuement, activité sportive…). Près de 30 000 femmes recourent chaque année à ces bandelettes. Une étude récente, menée par le Dr Cyrille Guillot-Tantay, chirurgien urologue à l'Hôpital Foch, et financée par le ministère de la Santé dans le cadre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC), se penche sur les complications liées à l'implantation de ces dispositifs, à partir de l'analyse du parcours de 215 141 femmes opérées en France entre 2011 et 2018. "À 5 ans, 4,13 % des femmes opérées par TVT ont dû subir une intervention pour retrait ou section de la bandelette. 3,25 % pour celles opérées par TOT. À 7 ans, ces taux montent respectivement à 4,63 % et 3,59 %". Les premières sont aussi moins sujettes "à la prise d'antalgiques" et ont été "moins souvent réopérées pour récidive d'incontinence urinaire". Les conclusions de l'étude ont pour intérêt principal de mieux informer les patientes à l'avenir, et "donc de mieux guider leurs choix thérapeutiques". Établissant un comparatif entre les deux méthodes, elles ne décrivent pas la nature des complications dévastatrices telles que vécues par les patientes. "Le risque d'ablation ou de section des bandelettes continue d'augmenter au-delà des premières années, et ce risque est particulièrement élevé avec la bandelette TVT. Il est donc crucial d'informer les patientes et de les suivre sur le long terme", souligne le Dr Cyrille Guillot-Tantay.
Deux établissements experts dans la région en 2025
Le ministère de la Santé a publié au Journal officiel, mercredi 30 avril 2025, un arrêté autorisant 27 hôpitaux à pratiquer le retrait des bandelettes sous-urétrales et des implants de renfort pelvien, dont le CHU Carémeau à Nîmes et la Clinique Beausoleil à Montpellier.



